Saison 1
Après ses deux films (le premier passable, le second mauvais), Andy Muschietti revient dans l'univers de Stephen King par la porte HBO. De quoi s'affranchir du roman pour proposer un récit original n'ayant pour cadre strict que les bribes d'information disséminées entre les pages sur le passé de la ville de Derry, hantée par une entité maléfique depuis des siècles : It.
Sur le papier pourquoi pas. Et ça démarre même plutôt bien, le pilote faisant rapidement étalage de son absence de limite quant à ce qu'il est prêt à montrer, à faire subir à ses personnages, dans un pur héritage Stephen King. Sauf que cet étalage est extrêmement démonstratif, et nous montre tout, tout le temps, sans jamais la moindre place au spectateur pour laisser l'angoisse s'immiscer d'elle-même dans son imaginaire. Un étalage par ailleurs desservi par une prépondérance d’une CGI pas affreuse, mais sans texture, lisse. C’est bien beau de montrer l’accouchement d’une larve démoniaque sans rien occulter, mais l’éclairage trop poussé laisse deviner les coutures d’un spectacle qui devrait normalement être répugnant.
Quant au récit lui-même, il parvient à trouver ses propres variations pour ne pas tomber dans la redite de l’histoire originelle, se permettant même un twist final “pourquoi pas” qui justifiera les prochaines saisons, plus reculées encore dans le temps que celle-ci se déroulant dans les années 50 (timeline originelle du roman, repoussée dans les années 80 pour l’adaptation de 2017 ici canon). Mais on reste tout de même dans les clous passé la petite surprise du premier épisode, avec une irrésistible envie de showrunner de raccrocher tous les wagons aux deux films, voire même à un Kingverse plus étendu (même si l’auteur crée déjà des ponts dans son corpus littéraire, notamment via le cycle de La Tour Sombre) avec l’attribution d’un rôle principal à Dick Halloran, le mentor paranormal de Danny dans The Shining.
On regarde donc ça sans être vraiment happé, mais sans réel déplaisir non plus. Et on notera surtout un épisode 7 au-dessus du lot, recentrant bien l’horreur sur les interventions humaines plutôt que sur une créature surnaturelle. Héritage incontestable du romancier : nous sommes les réels monstres.
Je ne suis pas impatient pour la saison 2, mais je la regarderais volontiers.