J'ai suivi depuis le début cette série, encore méconnue il n'y a pas si longtemps en France. Et je dois dire que j'ai été grandement amusé par les critiques mitigées.
D'un coté ceux qui croient à tort que cette série est un ramassis de clichés, sex drugs'n rock'n'roll, de l'écrivain maudit qui boit, snife, fume et baise tout ce qui bouge.
De l'autre côté ceux qui vouent un culte au spectacle osé.
Pour résumer, le public de Californication est constitué de deux groupes : les adolescents en manque de cul qui vont satisfaire leur désirs voyeuristes, dans des choses qu'ils n'oseront jamais faire. Et bien évidement les fameux bien pensants qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
"Oh my god ! du sexe, de la drogue !"...retournez donc regarder la petite maison dans la prairie, là au moins rien ne choquera votre sensibilité.
Hélas pour les deux, Californication ne se résume pas à cela. Et en réfléchissant un peu l'on comprend que tout cela n'est qu'un maquillage Hollywoodien pour révéler, voir même se moquer ouvertement de toute cette quête de la richesse, toute cette débauche quasi banale dans le show biz Hollywoodien.
Tout au long de la série Hank et profondément déprimé par tout cela, et c'est justement ça qui fait de lui une sorte d'anti-héro enfermé dans une prison dorée de strass et de paillettes, entre rock stars allumées, musiciens drogués, bronzage excessif, porsches et fric. Californication est en soi une sorte de conte anti-hollywoodien masqué sous un amalgame de débauche pour attirer le public naïf et repousser ceux qui ne se creusent pas assez les méninges. Certes contradictoire de se dire que Showtime n'a rien à voir avec le profit du cinéma, mais au moins on ne peux pas reprocher à Californication de faire du fric sans classe et humour.
Rare sont les séries à aborder autant Hollywood et ses déboires, à se moquer de ces stars qui finissent par devenir des caricatures d'elles mêmes, et à arriver à plaider l'anticonformisme sous une couche de conformisme elle même masquée par les clichés.
Pour moi cela reste une référence, ça se regarde avec humour, parfois avec sérieux, mais plus souvent avec cynisme. Un peu de cette manière sardonique à la Warren Zevon omniprésent dans la bande son.
En bref la seule chose que l'on peut reprocher à cette série c'est d'offrir trop de subtilité et de sous entendus à un public décérébré trop habitué à Joséphine ange gardien et d'autres séries sophistiquées du genre.

Daniel_Moody
10
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le 22 août 2013

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