Pour moi, c’est avant tout l’histoire de dévergondés complètement perdus dans leur vie et perdus à Los Angeles. Des personnages qui boivent, couchent, fument, font n’importe quoi, se cherchent, se perdent et recommencent. Et pourtant, derrière tout ça, ce ne sont pas des idiots. Ils sont intelligents, sensibles, ambitieux, parfois même très conscients du monde qui les entoure. La série arrive à montrer cette contradiction entre leurs excès et leur profondeur.


Il y a Hank Moody.


Un grand con avec un grand talent.


Hank est un homme qu’on ne décrit pas en une seule phrase. Il est drôle, sarcastique, brillant, libre, attachant, mais aussi incroyablement capable de faire énormément de mauvaises choses. Ce qui me plaît chez lui, c’est qu’il est conscient de ses conneries. Il sait quand il va trop loin. Il sait ce qu’il fait. Et malgré ça, il recommence.


Je pense pourtant qu’au fond, Hank est quelqu’un de profondément bon qui fait énormément de mauvaises choses.


Son problème n’est pas qu’il ne veut pas changer. Il essaie. Plusieurs fois. Mais la vie, ses choix et surtout sa personnalité finissent toujours par le ramener vers Hank Moody.


Et c’est aussi ce qui rend son personnage aussi intéressant : il aurait pu être heureux.


Je pense qu’il aurait pu avoir cette vie avec Karen et Becca, tout en restant lui-même. Il n’avait pas besoin de devenir le mari parfait, rangé et « professionnalisé ». Il aurait pu garder son sarcasme, son franc-parler, son côté libre et son charme, tout en assumant davantage ses responsabilités.


Karen l’aime justement pour ce Hank-là. Mais lorsqu’il devient quelqu’un de plus rangé, il perd une partie de ce qui faisait son charme. Et Karen a aussi sa part de responsabilité dans cette relation compliquée, mais Hank reste responsable de ses choix.


Karen, c’est probablement la femme de sa vie. La mère de sa fille. Le grand amour qu’on n’arrive même pas vraiment à décrire...


Et Becca est tout aussi importante. Elle défend son père malgré tout ce qu’il fait. Elle voit ses défauts, mais elle sait aussi qui il est réellement. Elle paraît parfois plus mature que lui lorsqu’ils sont ensemble, même si Hank est finalement beaucoup plus conscient de ce qu’il fait qu’on pourrait le croire.


J’ai également beaucoup aimé les personnages féminins de la série. Karen, Mia, Sasha, Abby et beaucoup d’autres...


Elles sont toutes différentes, mais elles ont quelque chose en commun : elles savent ce qu’elles veulent, elles jouent avec les règles de la séduction et elles peuvent gagner à leur manière. Elles ne sont pas simplement là pour être des conquêtes de Hank et comprennent relativement que Hank ne pourra jamais être vraiment 100 % disponible pour elles, car il a déjà une femme qu’il aime et chérit au plus profond de son cœur, malheureusement pour elles, ce qui a mené à un suicide.


Californication est une série extrêmement décomplexée. Le sexe, l’alcool, la drogue, la vulgarité, le désir, les excès… tout est assumé. C’est justement cette liberté qui fait une partie de son identité. Il y a quelque chose qu’on retrouve beaucoup moins aujourd’hui, et c’est dommage.


Mais la série n’est pas seulement une succession de débauches.


Elle parle de la famille, de l’amour, de la paternité, de l’échec, de la liberté et surtout de la difficulté de devenir quelqu’un de meilleur sans perdre qui on est.


Et c’est là que le titre prend tout son sens pour moi : Californication représente l’autobiographie de Hank. Sa vie à Los Angeles devient son écriture. Ses expériences, ses femmes, ses erreurs, ses excès, Karen, Becca… tout finit par nourrir ce qu’il écrit.


Plus Hank vit, plus il a de matière pour écrire.


Mais est-ce que sa vie aurait été meilleure s’il avait arrêté de transformer chaque expérience en chaos ? Probablement.


C’est d’ailleurs l’un de mes principaux reproches à la série. Malgré les conséquences parfois très graves de ses actes, j’ai parfois eu l’impression de revoir les mêmes cycles : Hank veut quelque chose, quelqu’un lui dit non, il fait n’importe quoi, puis finalement il arrive à pondre quelque chose de vraiment bien et tout recommence.


J’aurais aimé davantage de prévention et surtout des conséquences encore plus définitives. La série montre déjà des drames importants, mais j’aurais voulu qu’un événement vraiment irréversible force Hank à regarder les conséquences de sa vie en face et finalement, c’est arrivé tard et au bon moment...


La fin est probablement le moment qui m’a le plus marqué. Pas seulement parce qu’elle conclut l’histoire, mais parce qu’elle donne enfin l’impression que quelque chose de nouveau peut commencer. Après toutes ces années de chaos, Hank peut enfin envisager une nouvelle vie.


Et finalement, c’est peut-être ça que je retiens de Californication.


Ce n’est pas l’histoire d’un mec qui réussit à devenir parfait.


C’est l’histoire d’un homme qui se perd, qui fait des conneries, qui aime, qui souffre, qui recommence, qui essaie de changer et qui finit peut-être par retrouver ce qu’il cherchait depuis le début.


Même ceux qui paraissent les plus bêtes, les moins sentimentaux, les plus égocentriques ont des sentiments. Les hommes aussi ont des sentiments.


Un mec qui essaie de rester debout alors que tout part en couille.


« Ça parle de la vie, de l’amour, du sexe, des hommes, des femmes, des pères, des filles… », comme dirait Eddie Nero.


Parce que Californication, c’est une leçon de vie avant d’être une série.


PS : merci Hank pour le complexe. (25 cm)

SimpleSpectateur
9

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Créée

il y a 6 jours

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Californication

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Mattchupichu77

le 27 juil. 2013

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