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Une série entière sur Carrie? 8 heures à meubler pour un roman court et des films qui le sont tout autant? On oublie le remake de 2013 qui était totalement raté avec une violence exagérée où on était presque dans un stupide "Destination Finale" pour voir les différences entre le film original de 1976 et cette série qui arrive 50 ans après. On modernise le concept en adaptant à notre époque avec en ligne de mire, les réseaux sociaux et du harcèlement à outrance. Avec bien entendu une pincée de féminisme en dénonçant les hommes comme des prédateurs et des incapables, la soupe habituelle. On développe les personnages centraux avec notamment une fixette sur la vie compliquée de Christine Hargensen afin de montrer pourquoi elle a vrillée et est devenue une saloperie. Les professeurs, le principal, le conseiller d'orientation qui est gay (faut bien remplir le cahier des charges) mais bienveillant, la mère de Carrie.
Pour les acteurs, je ne vais rien dire. Bien que tous les jeunes ressemblent à n'importe lequel qu'on a vu et revu 100 fois dans un teen movie, il faut bien avouer qu'ils jouent bien, très bien même et en particulier, Carrie, sa mère et Christine. Mais il y a aussi quelque chose qui m'a gêné. Carrie, c'est physiquement un mélange de Max de Stranger Things et Ciri dans The Witcher. Christine, c'est Nancy dans...Stranger Things. Le harcèlement via les réseaux, on a eu ça dans "13 reasons to why". Vous mélangez le tout avec une pincée de "Doctor Sleep" et on obtient Carrie 2026. L'épisode du bal, censé être le point marquant de ce récit, est complètement raté ici. La mère de Carrie veut le bien de sa fille, elle est maladroite, sectaire et un tantinet folle, mais à des années lumières de la cinglée hystérique du film de Brian de Palma. Attention, ça spoil:
En 1976, à aucun moment, on ne parle en bien du père de Carrie. Pour sa mère, les relations sexuelles, c'est le diable. C'est une hérésie. Souvenez-vous quand sa mère découvre que sa fille est réglée, de la violence physique et psychologique qu'elle lui adressait tous les jours. La mère était complètement folle et endoctrinée au nom de la religion. Dans la série, la mère sait la punir, l'épie, mais elle aime profondément Carrie. Ce côté édulcoré m'a surpris et pas de la meilleure des manières.
Dans le film de 1976, Carrie ne maîtrise pas ses pouvoirs, c'est mystérieux, c'est suggéré et c'est l'explosion et une révélation à la fin. Dans la série, on vous balance tout à la figure. Elle fait léviter la voiture de Tommy pendant que ce dernier la ramène chez elle (passage O combien ridicule), elle apprend très vite à utiliser cette télékinésie. Donc évidemment à la fin, il n'y a plus rien qui puisse surprendre. Pire, pour changer la donne, Carrie n'est pas la seule à avoir des pouvoirs! L'univers de Carrie cherche donc à se développer avec des jeunes capables de faire la même chose, ou de réaliser une projection astrale...Et le grand final, Carrie ne meurt pas sous les décombres, est sauvée par son "amie imaginaire" et nous ouvre la porte d'une future saison 2 et plus si affinités. Mais pourquoi faire? Pourquoi encore et toujours chercher à creuser davantage? On peut le faire avec n'importe quel roman, licence, ça n'a aucun intérêt. Ce besoin incessant dans cette industrie me dégoûte au plus haut point. Ceci dit, je n'ai pas passé un mauvais moment, loin de là. C'était sympathique, mais ce trop plein de vouloir toujours aller plus loin m'a totalement refroidi sur la fin.
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