La série a de très très nombreux mérites.
Elle tente de scrupuleusement suivre le livre, ce qui n'est déjà pas une mince affaire.
Ensuite, elle propose une réalisation qui est à couper le souffle : c'est beau, chaque plan est millimétré et digne d'un tableau de maître, les couleurs, les matières, les sons... On y est, on est en Amérique du Sud, on vit cette vie de Macondo ! Tout est splendide, bordel. D'un point de vue de la composition, c'est à montrer en école de cinéma.
Enfin, les acteurs sont magnifiquement choisis, jouent à merveille, et le narrateur fait superbement son travail : il nous berce et on se retrouve en enfance, à écouter des histoires avant de dormir.
Hélas, l'œuvre a un défaut qui fait tout dérailler : sa structure.
Le livre est très clairement découpé en trois parties : la fondation de Macondo et les premiers enfants - puis, sur fond de guerre, la vie des "second" - enfin, la vie des enfants des "second". Le problème, c'est que la série ne compte que deux saisons.
D'ailleurs la première saison s'arrête au bon moment, même si elle laisse beaucoup de place à la guerre. Mais la deuxième saison doit accélérer, elle commence à faire des impasses, fait en deux épisodes ce qu'il aurait fallu faire en une saison, les épisodes se rallongent, et forcément, on se perd. L'intérêt se disloque un peu, et on en souffre. C'est vraiment, vraiment dommage.
Est-ce un choix artistique, ou une contrainte de Netflix ? Je pencherais, hélas, pour la deuxième option.