Alors... Que dire ? "Chaque Minute Compte" est le genre de série qui vous fait ressentir la violence d’un séisme tout en vous donnant parfois l’impression qu’une telenovela entière s’est retrouvée coincée sous les décombres avec les personnages. Le 19 septembre 1985, un terrible séisme de magnitude 8,1 frappe Mexico et plonge la ville dans le chaos. La série suit plusieurs destins pendant les premières heures de la catastrophe : un médecin et ses infirmières tentent de sauver les personnes prisonnières de l’Hôpital Général, une journaliste traverse une ville dévastée pour témoigner de l’ampleur du désastre et une famille tente désespérément de retrouver les siens sous les ruines.
J’ai beaucoup apprécié la reconstitution du séisme, particulièrement impressionnante et réaliste. Les effets visuels sont réussis et permettent de ressentir véritablement la violence du tremblement de terre, tandis que la mise en scène réussit à transmettre la peur, la confusion et le chaos qui règnent dans Mexico. J’ai également trouvé les personnages plutôt bien développés (mais y'a quand même un truc qui m'a fait marrer : un mexicain sur trois a une moustache, ha, ha !) et suffisamment attachants pour que leurs destins me touchent. Ouai, enfin, un petit peu !
La série met efficacement en avant la solidarité, le courage et la résilience du peuple mexicain face à une catastrophe d’une ampleur exceptionnelle. J’ai aimé cette dimension humaine, notamment lorsque des anonymes se mobilisent pour venir en aide aux victimes alors que les structures officielles semblent complètement dépassées. On ressent réellement la peur, mais aussi l’espoir et cette incroyable capacité des gens à s’entraider dans les situations les plus désespérées.
Mais, parce que oui, y'a des mais... Malheureusement, j’ai trouvé que la série en faisait souvent beaucoup trop. Le principal problème vient pour moi du mélodrame, omniprésent et parfois franchement envahissant. Pffuuu !!! C'est lourd... Certaines scènes semblent avoir été écrites avec un bouton « émotion maximale » bloqué en position enfoncée. À plusieurs reprises, j’aurais préféré que les événements parlent d’eux-mêmes plutôt que de voir la série me prendre par les épaules en criant : « ATTENTION, C’EST TRÈS ÉMOUVANT ! ».
Certains personnages, notamment parmi les politiques ou les militaires, m’ont également paru caricaturaux, donnant parfois à l’ensemble des airs de telenovela géante coincée au milieu d’une catastrophe historique. La narration souffre aussi de son ambition excessive. La série veut raconter énormément de choses, multiplier les personnages, suivre plusieurs histoires simultanément et montrer tous les aspects du désastre, avec pour conséquence une construction parfois chaotique.
J’ai parfois eu l’impression que tout le monde courait dans tous les sens, y compris le scénario, qui semblait chercher désespérément quelqu’un pour lui indiquer la sortie. Et surtout, j’ai trouvé l’ensemble beaucoup trop long. Il y a énormément de dialogues et de scènes qui auraient pu être raccourcies sans perdre l’essentiel.
À force de « bla-bla », certaines séquences finissent par ralentir considérablement le récit alors que la situation devrait pourtant maintenir une tension permanente. C’est dommage, car le matériau historique est extrêmement fort et la reconstitution possède suffisamment de qualités pour porter une série beaucoup plus resserrée. J’ai malgré tout apprécié l’émotion qui se dégage de l’ensemble et cette volonté de rendre hommage aux victimes ainsi qu’aux personnes qui ont participé aux opérations de sauvetage.
"Chaque Minute Compte" réussit à faire ressentir l’ampleur humaine de la catastrophe, même si elle ne sait pas toujours faire preuve de suffisamment de retenue. Au final, j’ai trouvé cette série intéressante et parfois bouleversante, mais trop longue, trop bavarde et trop mélodramatique pour être pleinement convaincante. Je la conseillerais surtout aux spectateurs intéressés par le séisme de Mexico de 1985 et les récits de catastrophe centrés sur la solidarité humaine.
Pour moi, c’est une œuvre qui possède de vraies qualités mais qui aurait gagné à retirer quelques wagons du train émotionnel avant de le faire entrer en gare. Bref, le séisme avait déjà suffisamment secoué Mexico : le scénario, lui, n’avait vraiment pas besoin de continuer à faire trembler la table pendant toute la série. Un peu lourdingue, dommage... Sérieux, j'ai bien failli m'arréter en cours de route, mais bon, comme à l'habitude, je termine... J'termine !