Poussez la porte du bar Cheers
Ô Surprise, une seule critique pour une série culte à bien des égards mais malheureusement méconnue en France. Cette série est pourtant un pan essentiel de l'histoire de la télévision américaine, en témoigne sa longévité record. La série a gagné 28 Emmy Awards et a été nominé 117 fois en 11 ans. La concurrence était certes moins féroce à l'époque mais cela mérite tout de même d'être souligné. On peut dire enfin que Cheers a réellement introduit les canons modernes de la comédie américaine telle que nous la connaissons aujourd'hui. Les Seinfeld et autres Friends lui doivent beaucoup.
Le pitch est très simple. La série se déroule dans un bar "Cheers" et nous suivons la vie quotidienne loufoque de personnages complètement décalés. Imaginez une série faites à partir des brèves de comptoirs et d'histoires de bar. Le huis clos nous donne l'impression d'y être : une vanne de Norman sur sa femme à votre gauche, une explication interminable de Cliff en face de vous ou une punchline de Carla. Ce concept du bar, permet à la série d'introduire un personnage à tout moment apportant une intrigue burlesque avec lui. Les potentialités sont infinies et les scénaristes s'en sont donnés à cœur joie.
Le thème principal de la série dans ses premières saisons est la relation romantique entre Diane Chambers, la serveuse intellectuelle et Sam Malone, le propriétaire, ancien lanceur des Red Sox de Boston et un ancien alcoolique. Une sorte de Ross/Rachel avant l'heure. D'ailleurs, en repensant une femme riche qui débarque après un quasi mariage, ne sachant pas quoi faire de sa vie et qui devient serveuse. Une sensation de déjà vu? Non ce n'est pas Rachel Greene mais bien Diane Chambers.
Mention spéciale pour Rhea Pearlman (la femme de Danny De Vito) qui est remarquable dans son rôle de serveuse revêche et cynique comme en témoigne ses nombreux Emmys gagnés. Avec elle, c'est "punchline garantie".
Cheers s'intéresse aussi à des questions de société controversées à l'époque comme l'adultère, l'homosexualité, le féminisme ou l'alcoolisme voire le décalage entre gens aisés et classe moyenne.
Au fil des saisons, le casting va changer substantiellement mais la constante est l'écriture remarquable dont ont fait preuve les scénaristes et showrunners.
Alors oui, neuf saisons c'est long et certaines blagues vieillissent mais mais laissez vous tenter, vous ne serez pas déçu.