Si ce drama avait été un film de 2 h, j'aurais sans doute mis 7 ou 8. Mais raconter une histoire comme celle-ci sur 10 h, ce n'est pas, ce n'est plus possible. Parfois on a l'impression de ne pas avoir compris et d’être passé à côté d'une pépite, mais quand 99 % des gens qui ont regardé pensent la même chose, c'est que le doute n'est plus permis. C'est une série qui s’étire en longueur pour au final ne pas raconter grand-chose, et surtout des banalités. C'est une histoire revendiquée mélancolique à 100 % et il faut la prendre comme telle. Ce drama est entré dans l'histoire de JTBC comme étant la pire audience de tous les temps, le dernier épisode ne réalisant que 0,8 % de PDM. À titre personnel, je me suis posé la question d’arrêter le visionnage à plusieurs reprises, tellement c'était soporifique. Mais il y a heureusement tous les à-côtés qui parviennent un peu à te faire rester jusqu’au bout de l'ennui. Et le rythme n'a rien à voir avec ce ressenti, c'est factuel. Meme du Kopiko(le running gag) n'y a rien changé.
Il y a 10 ans, Yeon Tae-Seo(Jin Young) et Mo Eun-Ah(Kim Min-ju) s'étaient rencontrés l'été 2014, pendant des cours de renfort scolaire. Ils vont débuter timidement une histoire d'amour qui va se poursuivre jusqu'à la fin de l'été 2015 où leurs chemins vont se séparer, lui partant pour l'armée, elle ayant choisi une voie professionnelle différente. Tae-seo est un jeune homme qui vit au jour le jour, profitant de son indépendance. Eun-ah est quelqu'un de plus stressé, qui a toujours le besoin d’être rassurée. La vie les éloigne, le temps passe. Près de 10 ans plus tard, Tae-seo est conducteur de métro à mi-temps, et menuisier ébéniste — sa vraie passion — le reste du temps. Il travaille chez lui. Ancienne hôtelière désormais gérante d'une maison d'hôtes traditionnelle, Eun-Ah s'est fixé un objectif de réussite, épaulée au départ par son ancien petit ami Seong-chan(Shin Jae-Ha). Mais de manière fortuite, les deux anciens amoureux se retrouvent à Séoul. Un simple regard suffira-t-il à raviver l'étincelle pas encore éteinte, ou n'est-ce juste qu'une chimère qui se présente à eux ? Attention, sortez les mouchoirs.
Déjà, il faut savoir que derrière le drama, on retrouve la patte du scénariste Lee Sook-Yeon, qui avait travaillé sur A Piece of Your Mind, une série aussi très spéciale dans sa narration, que je n'avais pas spécialement aimé. Mais pourtant, ce récit basé sur deux âmes blessées, dont l'aventure sentimentale s'était terminée sur un goût d'inachevé dans le passé, avait tout pour plaire. On est ici dans un rythme slow-burn comme un peu avec son concurrent direct In Your Radiant Season diffusé en même temps, à la différence près que le scénario de Still Shining (Comme tu brilles) est beaucoup plus basique et moins étoffé. Il est uniquement concentré sur le couple principal, les acteurs secondaires, peu nombreux, étant peu ou très mal exploités. Nous ne sommes pas en présence d'une histoire d'amour classique, on a plus l'impression d’être dans une histoire de désamour perpétuelle. En effet, le seul vrai enjeu et intérêt du drama, c'est de savoir s'ils finiront vraiment ensemble, tant les embûches qu'ils se mettent eux-mêmes sur leur route sont nombreuses. L'utilisation des saisons comme métaphore (et qui renvoie à l'autre drama que j'ai cité) est un marqueur évident, qui permet de situer l'état de leur relation à différentes périodes. D'où ces allers-retours incessants dans le passé.
Passons à l'analyse de la série. J'étais un peu sceptique sur le choix de Jin Young au départ, pas sur la qualité de son jeu, mais à cause de son âge. Je l'ai trouvé un peu vieux pour interpréter un lycéen de 19 ans durant deux épisodes alors qu'il en a plus de 30. Un acteur mature pour exprimer la naïveté d'un jeune adulte ? Ce n'était pas évident à faire accepter. Mais bon, il fallait une tête d'affiche et quelqu'un de connu, ceci explique cela. Il est tout à fait impeccable dans ce rôle de solitaire, enfermé dans ses certitudes et ses acquis, même si on ne voit pas d'évolution chez lui durant ces dix années écoulées. Kim Min-Ju est par contre la vraie bonne découverte. Son évolution du passage de l'adolescence à l'âge adulte, avec les responsabilités auxquelles elle doit faire face, est remarquablement traitée. Par contre, l'alchimie entre les deux n'est pas toujours évidente, semblant parfois forcée. Je suis assez circonspect à ce sujet, parce qu'on ressent comme une impression à la fois monocorde et monotone. Même si l'introspection qui est la base du scénario nécessite ce ton et cette ambiance spéciale, c'est un peu trop appuyé. Le vrai problème de Comme tu brilles, c'est son scénario pas assez fouillé, beaucoup trop linéaire.
Sur l'ensemble c'est un peu fade, répétitif, car la matière brute est mal exploitée. Le problème ne vient pas de l'atmosphère, au contraire très sereine et douce, mais de la pauvreté du scénario qui fait du surplace dès le 5e épisode. De plus, des personnages qui auraient pu être intéressants à développer, comme la belle-mère Park So-Hyeon(Kim Ji-Hyun), ou bien l'ami de toujours de Eun-ah, Bae Seong-Chan(Shin Jae-Ha), sont mal utilisés, comme pour remplir des vides. Le pire restant la présence de Im A-Sol(Park Se-Hyun), un personnage faisant la liaison entre un passé furtif et un présent approximatif. Sa présence est totalement inutile, elle n'apporte rien, sauf à faire croire qu'une relation est possible entre elle et Tae-Seo. Attention aussi à ne pas se mirer dans une romance classique, on n'est pas dans une passion amoureuse avec une débauche de sentiments. C'est triste, pudique, mélancolique, mais jamais pathos, bien au contraire. On n'est pas non plus dans un récit pour névrosés (je déteste à titre personnel), on est dans une histoire réelle, pas celle dont on fantasme, mais une qui pourrait arriver à n'importe qui. Donc on nous met devant des choix à faire, des responsabilités à prendre. Le revers de la médaille, c'est qu'on passe à côté de l'essentiel.
Comme tu brilles est à regarder comme une fable du premier grand amour, une analyse psychologique des sentiments. Toute la question est de savoir s'il peut perdurer, s'épanouir dans le temps, ou bien au contraire se faner pour permettre de passer à autre chose. Faut-il toujours regarder son passé pour mieux construire son avenir? Le couple qui nous est proposé sans artifices est bien particulier, reposant sur des nuances qui m'ont plus ennuyé que transporté. Sur le plan esthétique, de la mise en scène, de la scénographie, il n'y a rien à dire c'est très beau. Et l'OST est là aussi superbe, un des plus beaux que j'ai jamais entendu. Il n'y a que 10 épisodes, mais rapidement le grain à moudre vient à manquer. On se remet ensemble, et puis on se sépare à nouveau, on se demande vraiment ce que Tae-Seo et Eun-Ah veulent dans leur vie. J'ai vraiment été séduit par la performance et le jeu de la jeune Kim Min-Ju. Mais le résultat reste insuffisant. Pour être trivial, je me suis surtout fait "chier" car l'histoire manque de piquant,de rebondissements et de profondeur. Si eux ne savent pas vraiment où ils vont, je les rassure, moi non plus. À se demander s'ils cherchent vraiment à vouloir guérir de leurs blessures, qu'ils se sont, je le rappelle, eux-mêmes imposées. La conclusion est subtile, car elle laisse libre choix au spectateur sur la viabilité de cette histoire d'amour. C'est le réalisme face au romantisme. Mais je n'ai pas été convaincu et le public non plus d'ailleurs.
Main Theme: O.WHEN - Love Spark
Additionnel OST 1: Jeong Sewoon - First Love
Additionnel OST 2 : Soobin (TXT) - The Light in My Memory