Crusoe (NBC, 2008) avait sur le papier tous les ingrédients pour offrir une relecture captivante du classique de Daniel Defoe. Malheureusement, derrière ses belles intentions, la série s’enlise rapidement dans une exécution maladroite et frustrante, justifiant à mes yeux la note de 5/10.
Dès les premiers épisodes, on perçoit un véritable potentiel : des décors naturels dépaysants, une promesse d’aventure et de survie, et un duo central qui aurait pu porter la série sur la durée. L’idée d’étoffer le passé de Crusoe via des flashbacks aurait pu apporter de la profondeur au récit. Mais très vite, ces atouts s’effilochent au profit d’une narration poussive et confuse.
L’un des principaux problèmes de Crusoe réside dans son incapacité à choisir un ton clair. Tour à tour aventure familiale, drame psychologique ou pseudo-feuilleton d'espionnage colonial, la série s’éparpille au lieu de construire une tension continue et cohérente. Le spectateur se retrouve ainsi baladé entre des intrigues secondaires parfois anecdotiques et des enjeux principaux mal exploités.
Le rythme, lui aussi, souffre de ces choix hésitants. Les épisodes peinent à maintenir l’intérêt, plombés par des dialogues souvent convenus et un suspense vite retombé. Les confrontations manquent de nerf, les retournements de situation sont trop prévisibles et les scènes d'action manquent de souffle.
Visuellement, la série est à l’image de son écriture : inégale. Si certains plans extérieurs font illusion, les effets spéciaux et les scènes d’intérieur trahissent rapidement des limitations budgétaires, nuisant à l’immersion. Le spectateur n’a jamais vraiment le sentiment d’être prisonnier avec Crusoe sur une île hostile.
Côté casting, le bilan est mitigé. Philip Winchester livre une performance correcte mais sans véritable nuance, et si Tongayi Chirisa apporte un certain charme à Vendredi, son personnage reste trop souvent cantonné à un rôle d'acolyte sans véritable développement. À cela s’ajoute une galerie de personnages secondaires trop caricaturaux pour enrichir l’ensemble.
En définitive, Crusoe (2008) reste une occasion manquée. Une série qui, au lieu de proposer une véritable aventure immersive et tendue, se perd dans des choix scénaristiques tièdes et une réalisation inconstante. Un naufrage qui aurait pu être évité avec une direction plus ambitieuse et un traitement narratif plus audacieux.