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le 19 oct. 2024
SuivreLa télé elle a changé
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« Il faut changer l’eau de la piscine ». C’est sur ces mots, prononcés par Isabelle de Rochechouart, interprétée par Anaïde Rozam, qui assiste à la scène entre Loana & Jean-Edouard, depuis les coulisses de l’émission, que s’ouvre Culte. La réplique est paraît-il authentique, et empruntée à celle, qui d’abord simple cheffe de projet, deviendra vite productrice d’une grande partie des télé-réalités en France : Alexia Laroche-Joubert.
En six épisodes de quarante-cinq minutes, Culte revient sur la révolution télévisuelle française que constitua l’arrivée de Loft Story (calquée sur Big Brother) sur les écrans en avril 2001. Il s’agit de suivre l’envers du décor soit les aléas au niveau de la production, les combats entre TF1 et M6, le pari de la petite boîte de production, les démêlés avec le CSA, la dynamique instiguée par Alexia Laroche-Joubert. En réalité il s’agit de voir comment les outsiders se frayent un chemin dans un monde de requins.
Il s’agit aussi bien entendu de suivre la construction du casting (effectuée comme une création de sitcom, ils ambitionnent d’agencer un reality Friends en gros) et l’arrivée des lofteurs. La série s’intéresse quasi uniquement à Loana, pourquoi pas, c’était elle la vraie star du show, gogo-danseuse propulsée icône, véritable machine à buzz malgré elle, de l’épisode piscine aux révélations de la fille cachée.
J’avais dévoré ce programme télévisé à l’époque, je me souviens j’étais en fin d’année de troisième, je venais d’avoir quinze ans, je ne ratais pas une quotidienne, je crois que j’en enregistrais même certaines, vers la fin, en juin, pour avoir la sensation de passer plus de temps avec eux, avec Loana, Christophe, Philippe, Laure et les autres. Je me souviens parfaitement de l’épisode durant lequel ils jouaient au badminton par exemple ou de celui où ils devaient « rouler » en tandem pendant vingt-quatre heures en relais, je crois. Ils glandaient rien.
C’était aussi cela la magie de cette première saison, tout y était cheap, improvisé, ça manquait d’activités, le jardin n’était même pas fleuri, les lofteurs n’avaient même pas conscience qu’ils étaient des stars (inconcevable aujourd’hui) simplement en étant eux-mêmes, en discutant, glandouillant, s’engueulant, s’aimant, face caméra. C’était passionnant et génial pour certains, obscène et débile pour les autres, en tout cas c’était difficile de passer à côté.
Bref autant dire que j’étais très curieux pour ne pas dire excité par cette création Prime, plus de vingt années après les faits. La série nous replonge dans l’effervescence de cette époque. Dans les coulisses de la naissance de ce bouleversement télévisuel. La finale de Loft Story généra 49% de parts de marché, une audience digne d’un gros match de foot. C’était dingue.
Mais l’idée c’est aussi de créer un peu de fiction, un peu plus de romanesque encore et notamment via un personnage du staff qui tombe littéralement amoureux de Loana. C’est assez malin sans être très original. Et le tout emballé en six épisodes énergiques dans la lignée formelle d’un Dix pour cents, je dirais, même si je trouve que la série, sans s’essouffler pour autant, perd de sa superbe au cours des deux derniers épisodes plus convenus. Et l’on retient la naissance du monstre bien plus que la vie de ceux qui l’ont créé.
Créée
le 15 sept. 2025
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