Avec Cupid (2009), ABC proposait une revisite audacieuse — du moins sur le papier — du mythe de Cupidon. Créer une série télévisée autour d'un être céleste missionné pour unir les cœurs dans une New York moderne avait de quoi titiller la curiosité du spectateur exigeant. Pourtant, derrière cette prémisse prometteuse, la série peine à trouver le ton juste et souffre d’une exécution qui reste largement en deçà de son potentiel.
Sur le plan conceptuel, Cupid aurait pu jouer dans la cour des grandes fictions romantiques contemporaines, à l’image de ce qu’un Pushing Daisies a su faire avec le fantastique ou ce qu’un Dead Like Me a apporté sur la question de la mortalité. Le pitch, malin et porteur, ouvrait la voie à une réflexion plus fine sur les mécaniques de l’amour moderne, ses illusions et ses paradoxes. Malheureusement, l’écriture reste souvent en surface, préférant des schémas narratifs confortables à une véritable subversion des codes du genre.
Côté mise en scène, la série ne cherche guère à transcender les conventions du network. Les choix esthétiques, bien que fonctionnels, manquent d’une véritable identité visuelle qui aurait pu soutenir le propos mythologique sous-jacent. On aurait aimé voir un parti pris visuel plus affirmé, jouant davantage sur le contraste entre l’univers contemporain et les racines antiques du récit.
L'interprétation de Bobby Cannavale, en Cupidon moderne, apporte heureusement un certain charme désinvolte à l'ensemble. Son charisme naturel permet à son personnage de rester attachant malgré un traitement scénaristique parfois répétitif. Sarah Paulson, quant à elle, tire le meilleur d’un rôle de thérapeute qui aurait gagné à être plus complexe et moins engoncé dans une fonction purement rationnelle.
Mais c’est probablement dans son incapacité à générer un véritable suspense émotionnel que Cupid échoue le plus nettement. Les arcs narratifs, souvent prévisibles, peinent à captiver sur la durée. Là où la série aurait pu offrir une exploration sincère et nuancée de la nature humaine face à l'amour, elle préfère accumuler les bons sentiments et les situations convenues, au risque de perdre son spectateur en quête d’une proposition plus audacieuse.
En définitive, Cupid (2009) reste un objet télévisuel sympathique mais mineur, une curiosité agréable qui ne parvient jamais à pleinement exploiter la richesse de son matériau de base. Ma note de 5/10 reflète ce sentiment d’une œuvre qui promettait beaucoup mais n’a su livrer qu’une agréable esquisse, sans parvenir à en dégager la véritable ampleur narrative ou esthétique qu’elle méritait.