Cela faisait depuis Fullmetal Alchemist dans les années 2000 que je n'avais pas vu d'oeuvre d'Hiromu Arakawa, et je pense, vu le succès de vente qu'est Yomi No Tsugai, que le grand public était un peu passé à côté de ses autres oeuvres comme Arslan ou Noble Paysan. Du coup, revoir une de ses oeuvres adaptés, c'était un petit événement en soi, d'autant plus que Yomi no Tsugai s'est étendu sur deux courts et m'a bien happé durant les 24 épisodes que constitue sa première saison. En plus c'est produit par le studio Bones, donc, c'est plutôt quali.

L'animé m'a mis deux bonnes claques. La première c'est le premier épisode qui est l'un des trucs les plus gratuitement violent que j'ai vu depuis un petit moment. C'est pas tant parce que c'est gore (même si ça l'est un peu) mais plutôt avec la vision d'un massacre de villageois qui semble être fait en totale décontraction devant Yuru, qui menait sa vie tranquille jusqu'ici. Je suis particulièrement choqué par le personnage de Gabby qui fait des trucs horribles alors que la série semble par la suite blaguer sur son mauvais caractère et que l'illustratrice l'a fait ressembler à une version féminine d'Edouard Elric de FullMetal Alchemist. J'avoue ça m'a pas mal déstabilisé et je continue à avoir du mal avec les fans du personnage. (Je vous range dans la même case que les fans d'Eren Jäger)


En vrai, cette entrée en matière est percutante, mais elle donne directement envie d'en savoir plus sur l'histoire. On ne comprend pas tout, mais le protagoniste non plus : lui qui vivait dans un village coincé dans un japon féodal factice, il est pris entre ce qui s'apparente à une guerre entre deux factions, s'aperçoit que sa soeur n'est pas sa soeur, découvre à la fois des forces magiques (les tsugai) et le monde moderne. Et la série de démêler les fils petit à petit.


Parce que la seconde claque, c'est de voir à quel point Arakawa est toujours restée une bonne scénariste aussi bien dans les concepts de ses univers que le déroulement de ses intrigues. Les tsugais sont des sortes d'esprits avec lesquels on passe un pacte (a mi-chemin entre le stand de Jojo ou les démons de Chainsaw Man) sauf qu'ils ont la particularité d'être toujours par deux. Inspirés des yokai et des démons mythologiques, leur apparence et leur pouvoirs sont basés sur la complémentarité et l'altérité : par exemple un tsugai avec des énormes jambes qui est associé à un tsugai avec d'énorme bras, ou un tsugai qui fait disparaitre des objets par sa bouche et un autre qui les recrache. Je suis admiratif sur la propension qu'elle à nous montrer à chaque fois des nouveaux Tsugai ultra-originaux au fil des épisodes et des noms basés sur la dualité (les tsugais du héros étant littéralement appelé "droite et gauche".)


Toute l'univers du manga est basé sur la dualité, le couple, à commencer par les deux protagonistes principaux : Yuru et Asa. Et elle s'arrange pour toujours rester sur cette thématique que ce soit les deux protagonistes qui prennent soin du héros (dont l'un est une jeune fille et l'autre un homme mûr) les deux clans qui se disputent leur garde (dont l'un est caché dans les montagnes et l'autre en plein coeur de la ville) ou le titre des épisodes.


Et tout ça est raconté sans jamais perdre le spectateur. Tout ce qui semble étrange est finalement expliqué plus tard, la quête du personnage devient clair et comprend avec lui, petit à petit, les ramifications de cet univers et le passé des protagonistes qui vont l'entourer, le gag étant qu'il fini par être entouré par de plus en plus de gens dans ce qui était à la base une petite colocation à trois. D'ailleurs, à l'instard de Fullmetal Alchemist, Arakawa arrive super bien à jongler entre les moments dramatiques et les situations comiques, Yuru étant un chasseur planqué dans les bois qui découvre du jour au lendemain la civilisation et qui est capable de ne pas sourciller devant un truc magique mais de rester gaga devant un objet du quotidien ("quoi ? On peut contacter des gens à distances ?") En vrai, même les personnages les plus sérieux on parfois leur petite lubie qui génère du gag, et ce, sans que ce soit lourd et tout en apportant un plus au récit.


Et surtout, c'est vraiment étrange pour un manga basé sur la dualité : il n'est pas manichéen. Alors, oui, il y a des personnages qui sont des purs pourris, mais on sent bien qu'aucun clan, entre ceux du village ou les Kagemori n'est purement "bon" ou "mauvais". La plupart des protagonistes sont moralement gris, à commencer par Yuru qui n'hésiterait pas à tuer des gens si cela lui permettrait de retrouver ses parents.


Sinon, l'animation reste très quali, la réalisation est assez nerveuse dans ses scènes de baston. Et puis il y a le chara design d'Arakawa qui est un modèle de lisibilité. Au départ en voyant Gabby, ainsi que Yuru qui ressemble vaguement à Alphonse Elric j'ai eu peur qu'on assiste à cet effet "les personnages ressemblent à ceux de Full Metal Alchemist mais dans un monde parrallèle" mais en fait très vite ça s'estompe et on a droit à des chara-design bien plus originaux, notamment comme je l'ai dit sur les Tsugai.


Un truc, c'est que l'animé possède un énorme roaster de personnage, puisque chaque protagoniste vient souvent avec les tsugai qui l'entourent : théoriquement deux, mais ça peut être cumulable. Bon, j'avais l'impression qu'il y avait un gros casting vocal, mais en fait t'as un acteur, Ayumu Murase, qui fait la voix d'une bonne quinzaine de Tsugai.


Les opening et ending sont sympa, mais j'avoue avoir une grosse préférence sur ceux de la première partie. Fly Away par Vaundy est assez dynamique et l'animation de Way Out est assez chouette. Par contre, l'animé souffre un peu du syndrome de "le générique arrive un peu n'importe comment" avec des coupures assez brutales en fin d'épisodes.


Bref, j'ai aucun mal à être hypé pour la saison prochaine. Bon, y a pas de date d'annoncé, mais je serai devant mon écran.


le-mad-dog
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il y a 1 jour

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