Une petite incursion dans un J-drama de ma part, donc ça sera une critique différente et faite à la volée. "Dans notre tanière" ( Lion no Kakurega) est une série qui va nous amener à nous pencher sur des relations familiales un peu particulières, ainsi que l'évocation de la violence domestique. Alors je ne vais pas vous spoiler en vous disant que ce drama va se dérouler sur un faux rythme, bons nombres de séquences semblant parfois surréalistes de part les réactions de certains protagonistes. Ce qui m'a frappé, c'est la naïveté dont fait preuve le récit pour mettre en avant la bienveillance. Bien sûr on va toucher la corde sensible vu qu'un jeune enfant est au centre du débat, mais l'histoire en plus de manquer par moments de clarté, va trop souvent survoler les thématiques qu'elle veut mettre en avant ou dénoncer.
Résumons rapidement de quoi il retourne. Après la mort soudaine de ses parents dans un accident, Hiroto Komori(Yuya Yagira) a dû rapidement interrompre ses études à Tokyo, pour revenir vivre dans sa petite île natale et s'occuper de son jeune frère Michito dit Mi(Ryota Bando), atteint d'autisme. Ayant des difficultés à communiquer, il possède un talent artistique indéniable. Hiroto travaille à la mairie tandis que Mi travaille dans petit atelier d'art. Hiroto ne vit que pour son frère, ayant sacrifié sa vie d'homme et son rêve de devenir romancier. Leur quotidien paisible et sans histoire est soudain troublé un jour avec l'appartion d'un enfant qui se fait appeler "Lion"(Tasuku Sato) et qui va s'avérer être le fils de leur demi-sœur disparue depuis plus de 20 ans. D'abord incrédule, Hiroto choisit de l'accueillir et de le cacher au lieu de le remettre aux autorités.
Le drama va raconter une histoire sincère, rendant les émotions authentiques, mais avec beaucoup de maladresses dans la construction. Les relations entre Hiroto et Mi sont toujours montré de manière positive, en édulcorant le fait que vivre au quotidien avec un autiste est loin d'être une évidence, surtout pour la personne qui doit tout gérer seul. Hiroto nous est présenté presque comme un saint homme, quasiment sans défauts qui se dévoue corps et âme à son frère. Son entourage est également composé de gens altruistes et bons. L'intrusion de "Lion" (Shuuto) qui va se faire de manière brutale quand même au sein de leur foyer, n'a pas l'air de le déranger plus que cela. C'est quand même le fils de sa sœur qu'il n'a jamais revu depuis qu'il était ado. Il y a de quoi se poser des questions et être médusé par la situation, mais il fait preuve d'un calme olympien qui m'a laissé perplexe dans la manière de gérer la situation, comme si cela etait normal. Ce qui m'a étonné aussi, c'est qu'on a du mal à percevoir constamment la dramaturgie ou le danger durant le récit. Dans leur tanière, on a l'impression qu'ils sont protégés de l'extérieur par une force surnaturelle. Le père de Shuuto est une personne toxique, mais vers la fin, on va lui trouver des circonstances atténuantes, comme pour justifier sa violence. C'est un point de vue qui ne fera pas l'unanimité. De plus, on nous parle d'une problématique d'entreprise qui ne rentre absolument pas dans la trame narrative, donc à quoi bon l'évoquer puisque cela n'a aucun impact? L'histoire est très belle, poignante, et d'ailleurs comment ne pas l'être devant le jeu du jeune Tasuku Sato qui à moins de 6 ans, éblouit de sa performance scénique. Ryota Bando n'est pas en reste et interprète ce jeune autiste de manière crédible. J'ai été moins convaincu par la prestation de Yuya Yagira à qui on fait jouer le rôle d'un premier de la classe trop lisse et sans consistance.
Sur les personnages, il y a de quoi se poser des questions sur l'attitude de la mère qui ne donne aucun signe de vie pendant plus de 20 ans, mais qui étant dos au mur, se tourne dans un geste désespéré vers Hiroto. Les comportements erratiques du héros et de sa sœur et leurs réactions face à certaines situations m'ont paru étranges par moments. Il y a aussi trop de longueurs dans ce drama, ce qui peut sembler paradoxal vu qu'on reste au format standard japonais de 11 épisodes de 45 minutes. Le dernier épisode est trop plat et sans saveur, il est loupé et trop vite expédié à mon gout. J'ai été parfois dérouté par les "musiques d'ascenseur" employés dans certaines séquences, ce qui provoque l'effet inverse de celui recherché. L'histoire m'est apparue un peu trop simpliste et se résolvant trop facilement. Les difficultés rencontrées ne sont que survolées, on a du mal à prendre conscience que la mère et l'enfant sont vraiment en danger en dehors de 2 ou 3 scènes explicites. En conclusion, Dans notre tanière m'apparait comme une histoire douce et tendre, où une famille aimante va se recomposer en un claquement de doigts. Tout le monde aime tout le monde, c'est formidable. C'est un peu comme si on faisait disparaitre sur les difficultés d'un coup de baguette magique. On frise un peu le pathos facile avec cette surabondance de bons sentiments. Il est regrettable que la violence domestique n'ait pas été davantage mise en avant pour montrer le danger vital couru par Shuuto et sa mère. Le tout manque de consistance et de fluidité, par contre la photo et la mise en scène sont de qualité. Bref, un J-drama consensuel, plein de bons sentiments, sauvé principalement par la bouille de Tasuku Sato qui crève l'écran. D'où ma note car j'ai quand même passé un bon moment.