Voilà une très bonne surprise.
Dear You reprend clairement certains codes d’Emily in Paris — univers glamour, romances, personnages séduisants, situations sentimentales compliquées — mais en réussissant presque partout là où sa cousine américaine m’agace : c’est moins niais, beaucoup mieux joué, les dialogues sonnent étonnamment juste et, surtout, l’intrigue donne réellement envie de voir l’épisode suivant.
Les acteurs sont excellents, les personnages existent vraiment et les échanges ont souvent une spontanéité assez rare dans ce genre de série. Rien que pour ça, Dear You mérite déjà largement de dépasser la moyenne.
Et puis il y a ce qui finit par m’agacer.
Comme si une histoire d’amour contemporaine ne pouvait plus être simplement compliquée, la série semble éprouver le besoin de placer presque systématiquement ses héroïnes dans des situations où elles hésitent, flirtent ou couchent avec deux, voire trois hommes en parallèle.
Je veux bien qu’on célèbre la liberté sentimentale et sexuelle des femmes — heureusement — mais liberté ne veut pas forcément dire incapacité à choisir, ni indifférence aux dégâts causés chez ceux qui vous aiment.
À force, ce qui pourrait rendre les personnages modernes et libres finit parfois par leur donner un côté purement hormonal : tout désir doit être vécu, toute attirance explorée, toute limite immédiatement remise en cause.
Même impression du côté des hommes. La série veut manifestement montrer un monde où les catégories sentimentales et sexuelles sont extrêmement fluides, où chacun peut potentiellement désirer chacun. Pourquoi pas. Mais lorsque cela devient presque un réflexe scénaristique, on finit par sentir davantage l’intention des auteurs que la vie réelle des personnages.
Et c’est précisément ce qui est dommage : Dear You n’avait absolument pas besoin de cette surenchère.
Ses acteurs, ses dialogues, son humour et son intrigue suffisaient largement. Elle aurait pu raconter des personnages modernes sans donner parfois l’impression de devoir cocher toutes les cases de la représentation sentimentale contemporaine.
La vraie vie est déjà suffisamment complexe, contradictoire et bordélique pour fournir d’excellentes histoires d’amour.
Malgré cette réserve, cela reste une série formidablement efficace, remarquablement interprétée et largement au-dessus de la moyenne du genre. Ce qui rend justement ses quelques facilités idéologiques et sentimentales d’autant plus frustrantes.