Série conforme à sa réputation. C’est une série policière, mais qui intègre du surnaturel. Les règles de ce dernier sont claires, et la série s’y tient. C’est ce qui lui permet une écriture très serrée, le spectateur se demandant, à chaque épisode, comment Light Yagami pourrait faire usage de ces règles pour échapper à la police, et comment L, son antagoniste, pourrait faire pour s’assurer de son identité à partir du peu qu’il sait de son pouvoir. Chaque épisode requiert une pleine concentration, car il faut mémoriser ce que chaque personnage sait précisément de tous les autres, et ce qu’il peut donc faire dans sa position. Les personnages s’interrogent également sur ce que savent les autres, et doivent rivaliser d’ingéniosité pour leur faire faire une erreur. On ignore finalement toujours qui aura un coup d’avance sur l’autre. Chaque épisode s’achève avec un très haut niveau de suspens.
Le dernier tiers de la série (à partir de l’épisode 26) a parfois été critiqué. Les qualités du début s’y retrouvent, mais peut-être moins intensément. Y est introduit un nouveau personnage qui ne nous détaille pas toutes les étapes de son raisonnement, et qui semble malgré tout toujours avoir un coup d’avance, donnant l’impression d’atteindre un peu ses fins par hasard. Sa relation avec Light, sur le plan humain et psychologique, n’est pas intéressante, alors que c’était là un aspect marquant des deux premiers tiers. Mais ce dernier tiers, tout en restant fidèle à l’univers de l’oeuvre, parvient à le renouveler, notamment par de nouveaux personnages au style original (Mello, Mikami) et une ambiance quelque peu différente : il ne s’agit plus vraiment de se demander qui sera le vainqueur d’un jeu mental entre deux surdoués, mais tout simplement de savoir si Kira survivra ou non, et à quel prix. A ce sujet, le dénouement de la série, sans être d’une originalité extrême, est très satisfaisant, y compris sur le plan esthétique.