Dexter est une série dérangeante à tout point de vue. Pourquoi sommes nous autant curieux des actions et du sort des meurtriers, assassins, tueurs et violeurs en tout genre ? Le constat est là, on ne va pas épiloguer là dessus, le genre policier est le plus représenté. Et depuis quelques temps, certaines séries faisant le portraits de tueurs en série sont à la mode, comme Monsters: The Jeffrey Dahmer Story. Par contre, Dexter est un peu à part. Dexter est au fond un monstre, un monstre effrayant, cauchemardesque même, et c'est pourtant le héro de cette série. On le fait même passer pour un gars sympa et gentil. On en oublierait presque la noirceur de son personnage, tant c'est souvent relégué au second plan dans la narration. Il ne se passe presque pas un épisode sans voir Dexter refroidir quelqu'un sur sa table d'exécution. Ce n'est cependant qu'un détail. On est trop absorbé par l'intrigue pour s'y arrêter. On s'attache même à ce gars sympa. Qui est réellement sympa en fait. Il rend service à tout le monde. Il est souriant, charmant, etc. Parfois on se rappelle ce qu'il est vraiment. On se sent alors comme trahi, comme épouvanté, de découvrir qu'un ami proche est une personne horrible. Comme sa soeur Debra qui découvre vers la fin de la série la terrible réalité. La relation entre Dexter et Debra est d'ailleurs très intéressante, ambivalente. Dexter est si important pour Debra qu'elle peut tout accepter chez lui. De son côté, Dexter manifeste un réel amour fraternel pour sa soeur. Il n'est pas totalement psychopathe. D'ailleurs sa manière de chercher à s'entourer d'une famille, avec Rita et son fils Harrison, puis avec Anna, n'est pas qu'une couverture pour la société. C'est une réelle tentative pour se guérir de son Passager Noir.