"Disclaimer" est le genre de série qui vous invite à vous poser pas mal de questions, et surtout celle-ci : "Et si toute votre vie reposait sur un énorme mensonge ?". Voilà, maintenant vous pouvez commencer à paniquer... Enfin pas vous, mais plutôt Catherine Ravenscroft, qui est une journaliste documentariste respectée, habituée à révéler les secrets et les fautes soigneusement enterrés par les institutions.
Mais lorsque son mari découvre un mystérieux roman qui semble raconter un épisode particulièrement sombre de son passé, Catherine comprend rapidement que quelqu’un connaît un secret qu’elle pensait définitivement enterré. Et là, le petit livre posé sur la table de chevet commence à avoir l’air beaucoup moins sympathique qu’un livre de recettes de desserts. J’ai été particulièrement séduit par la qualité de l’écriture et de la mise en scène, que je trouve remarquables.
La série construit son mystère avec énormément de précision et joue constamment avec les points de vue des différents protagonistes (surtout à la fin), obligeant le spectateur à remettre en question ce qu’il croit savoir. J’ai aimé cette narration volontairement mystérieuse qui peut sembler déroutante au départ, mais qui devient réellement gratifiante lorsque les différentes pièces du puzzle commencent enfin à s’emboîter. Ici, il faut accepter de ne pas tout comprendre immédiatement, parce que la série préfère nous laisser mijoter tranquillement plutôt que de nous balancer les réponses à la figure avec un coup de poing en plein visage. Le rythme est très posé, parfois même extrêmement calme, mais j’ai trouvé que cette lenteur servait plutôt bien la série.
La voix off, douce et presque hypnotique, accompagne les souvenirs et les expériences des personnages en donnant à l’ensemble une atmosphère particulière, comme si quelqu’un racontait un terrible secret au coin du feu pendant que tout le monde faisait semblant de ne pas écouter. Ce qui m’a surtout marqué, c’est la manière dont "Disclaimer" manipule la perception du spectateur. Alors là, par contre, c'est mon point de vue personnel, mais c'est une série écrite un peu à la façon de faire de Harlan Coben. (Hé oui, je suis un grand fan de ses œuvres ou plutôt de ses séries car il est est également écrivain, scénariste et réalisateur, rien que ça...)
Les événements changent de sens selon la personne qui les raconte et la vérité devient progressivement une matière beaucoup moins solide qu’on pourrait le croire. La série explore ainsi avec intelligence la culpabilité, la vérité, la manipulation, la transparence et les conséquences parfois dévastatrices de ce que l’on choisit de révéler ou de cacher. J’ai beaucoup apprécié cette construction assez traditionnelle du thriller psychologique, qui ne cherche pas forcément à révolutionner le genre mais préfère le travailler avec énormément de maîtrise.
Formellement, l’œuvre est captivante, avec une réalisation élégante, une photographie soignée et une véritable attention portée aux détails. J’ai parfois eu l’impression d’observer une tragédie familiale emballée dans du papier cadeau très chic, avec quelqu’un qui aurait oublié de préciser que le contenu était toxique ou radioactif. Les interprétations renforcent également cette impression de malaise feutré, où les personnages semblent porter leurs secrets comme des valises beaucoup trop lourdes qu’ils traînent derrière eux en souriant poliment.
J’ai trouvé la mini-série "Disclaimer" très déchirante, belle et profondément vénéneuse, parce qu’elle ne cherche pas uniquement à raconter une histoire de vengeance ou de révélation : elle s’intéresse surtout à la manière dont chacun reconstruit la vérité pour pouvoir continuer à vivre avec lui-même (ou elle-même). C’est précisément cette subtilité qui m’a plu. La série demande de la patience, de l’attention et une certaine disponibilité, mais une fois les pièces du puzzle assemblées, j’ai trouvé l’expérience particulièrement gratifiante.
Au final, "Disclaimer" est pour moi un thriller psychologique élégant, intelligent et formellement impressionnant, que je conseillerais aux spectateurs qui aiment les histoires mystérieuses, les récits à plusieurs points de vue et les vérités qui arrivent avec trois heures de retard, lunettes noires et billet aller simple pour la catastrophe. Bref, une série où personne ne dit toute la vérité, où tout le monde possède un secret et où même un pauvre roman posé sur une table de chevet peut déclencher un véritable tsunami émotionnel.
Naturellement, il vous faudra de la patience, pour découvrir toute la vérité, et cette vérité, la personne qui manigance tout à l'origine, va considérablement changer sont point de vue sur cette sombre affaire. C'est une série, qui joue un peu sur les nerfs, car c'est seulement à la fin, qu'on change d'avis comme de chemise ou de chaussettes. Bref, très bonne série, je voulais mettre 9 mais il y a quelques lenteurs quand même.