L'idée de la série est très séduisante, les personnages sont bien campés, les acteurs ont du charme (pas tous), les intrigues pourquoi pas, mais peut on faire quelque chose pour les décors?
Elle a 40 ans, elle s'appelle Déa, elle est capitaine de police, célibataire, très mignonne, beaucoup de charme, elle conduit une vieille Alfa rouge des années 80 et ne se sépare jamais de son meilleur ami qui ressemble à Rudolph Valentino avec une moustache fine et un smoking black Tie. Visiblement ça ne le dérange pas d'être accoutré de la sorte nuit et jour. Et ça ne dérange pas plus le petit monsieur sans trop de charisme qui sert d'équipier.
Et pour cause, notre Valentino est un ami imaginaire. Ce n'est pas un fantôme, pas une conscience déguisée comme un Jiminy Cricket. Pas un double encombrant non plus.
Voilà l'idée séduisante, c'est que c'est autre chose.
Il vit tout seul, il a ses propres émotions, il a beaucoup d'humour, sarcastique, décalé et il mène, ou contribue au moins à l'enquête.
On a déjà vu beaucoup de personnages comme lui. L'excellent River par exemple, enquête avec sa partenaire décédée et il voit d'autres morts.
Mais ici c'est nouveau. Le partenaire, l'ami, le confident et parfois celui qui secoue aussi n'est pas mort. Pour elle il compte beaucoup et il prend la place d'un conjoint.
Pour compenser les désagréments d'une société qui ne peut pas la comprendre, elle a ses ruses. Elle parle au micro du casque de son téléphone. Rusé.
Seulement pour les calins, Rudolph ne fait pas l'affaire.
La deuxième bonne idée de la série c'est de faire en sorte qu'on ne tombe pas de la romance fil rouge, celle de Cybill Shepard et Bruce Willis dans Clair de Lune, ou bien Cherif, lorsque les sentiments naissent entre les équipiers qu'ils se tournent autour et que ça ne se conclue jamain.
Non, deuxième surprise elle couche dès le premier épisode avec l'adjoint, certes elle est saoule mais elle l'a fait. C'est fait. Notre Rudolph Valentino ne contrôle plus rien. Maintenant il va falloir assumer.
Ce petit effet renforce le caractère comique de la série. On va bien rigoler.
Le vrai problème ce sont les décors. C'est aussi moche et stérile que "Plus belle la vie".
Nous sortir un vieille Alfa rouge, nous offrir de belles vues de Bordeaux, pour finir par faire des plans dans des décors de carton pâte, c'est complètement ridicule.
Visez le bureau du psychanalyste, par ailleurs fort drôle tant il est dépassé par la déferlante Déa. Les peintures au mur sont toutes fraiches mais sans idées. Les bibelots sont issus du catalogue Ikea. Et tout le mobilier est briqué on dirait qu'il est neuf. On veut convaincre qui?
Dans un même registre la série "Art du Crime" nous met dans des décors un peu plus crédibles. On pourrait croire que des gens travaillent dans les bureaux. Ici rien. Franchement.
Résumons nous. Une enquêtrice attachante, doublée d'un ami en smoking drôle dans des décors pas crédibles! Des enquêtes qu'on oublie mais plusieurs répliques très très bien senties.
Mais qui est donc l'adjoint, le partenaire, avec ses faux airs de Patrick Mille, trop sérieux pour être crédible. Mystères. Je suis (presque) sous le charme.
A la semaine prochaine.