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Fan des années 80
Accompagné d’une flatteuse réputation de satire sociale irrévérencieuse, et d’une affiche intrigante « Douglas is cancelled », mini-série condensée s’aventure souvent sur des chemins inattendus...
le 22 mars 2025
Le charme le plus évident de la mini-série britannique Douglas Is Cancelled, au delà de celui de ses excellents acteurs (on est d'ailleurs un peu fatigué de l'écrire, tant la qualité de l'interprétation est l'atout numéro 1 de 90% des séries TV, et même des films Outre-Manche), est bien que ce diable de Steven Moffat (on a appris au fil du temps à l'apprécier autant qu'à le redouter) ne nous offre pas du tout ce qu'on pouvait attendre de lui.
Les deux premiers épisodes correspondent bien au programme prévu de la part d'un "boomer" vaguement misogyne comme Moffat, étoile indiscutable de la télévision et de la série britannique, c'est-à-dire une charge légère, mais impitoyable, contre les dérives "wokistes" de la société actuelle, et contre les excès de ce qu'on a appelé la "cancel culture". Mais le remarquable troisième épisode s'avère un véritable uppercut au foie, d'autant plus violent qu'il est inespéré. Et que les hommes parmi les téléspectateurs seront mis plus brutalement qu'ils ne l'attendaient face à la réalité - terrible, littéralement - de ce qui semblait n'être devenu qu'un "hashtag" : MeToo !
Ce retournement de point de vue, audacieux, non, courageux même, est réellement à l'honneur de Moffat, mais aussi de Hugh Bonneville, qui endosse sans honte toutes les ambiguïtés masculines, loin de ses personnages habituellement bien gentils et empotés. Sans tomber dans la dénonciation opportuniste de tous les comportements masculins, Douglas Is Cancelled nous place face à un miroir : voici donc qui nous sommes, nous les "mecs", qui avons la naïveté, ou l'outrecuidance de nous considérer comme "modernes", voire "féministes".
Qu'importe alors si le quatrième épisode s'embrouille un peu les pinceaux en essayant d'être trop "malin" (une erreur classique chez Moffat !), le MAL est fait : la vérité est sortie de la boîte.
Et c'est bien pour ça que, en dépit de quelques scories, comme toute la partie lourdaude sur l'humoriste pas drôle, qui plombe pas mal de scènes, Douglas Is Cancelled est une mini-série réussie. Et même importante.
[Critique écrite en 2025]
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Créée
le 6 juil. 2025
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