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le 13 janv. 2020
SuivreDraculé, sex vampire malgré lui
Episode 1 Draculé Hongrie 1897, une créature chauve mi eczémateux mi arbitre de Ligue 1 révèle à deux nonnes les conditions de sa rocambolesque évasion d'entre les griffes d'un vampire...
Quels étranges parti pris ! Tout commence comme un adaptation fidèle et ultra-classique de Dracula : ambiance, répliques, décors. Puis la série prend un autre tournant dans le courant du premier épisode. On insiste sur le caractère labyrinthique du château du comte, on y découvre des vampires qui tiennent davantage du zombie. Après quoi on a droit à un épisode 2 en forme de huis clos sur le navire qu'emprunte Dracula pour se rendre en Angleterre. On termine par de nouveaux rebondissement dans un épisode 3 assez bien foutu et original, jusqu'à une conclusion qui ne manque ni de poésie ni de pertinence.
Nous voilà assez loin du Dracula de Bram Stoker et en même temps curieusement proche, notamment par le fait que Dracula ne se contente plus de rajeunir en ingérant le sang de ses vitcimes : il absorbe également leurs souvenirs et leurs connaissances. En outrepassant les attributs traditionnels du vampire et les vertus de du sang, la sérié démontre une fidélité inédite au mythe. On pourra contester ce dernier point mais franchement, comme il est bon de voir des auteurs adopter un parti pris et s'y tenir. Proposer quelque chose de nouveau sur une matière classique. Tout ce que n'a pas su faire la dernière trilogie Star Wars, par exemple. J'en ai encore les gencives qui saignent.
Malgré ses qualités, ce Dracula n'est pas exempt des défauts : décalage un peu étrange d'un épisode à l'autre, absurdités scénaristiques (on laisse le cadavre de J.Harker dans la salle d'un monastère à même le sol, sans surveillance), ton humoristique certes bienvenu mais qui tombe parfois dans le grotesque. En fait ce Dracula, c'est le Moriarty de la série Sherlock, version vampirique, un Moriarty moins flamboyant, moins excentrique, moins glaçant, aussi, mais plus sensuel.
Toute l'atmopshère de la série ressemble à celle de Sherlock, on est dans le polar plus que dans le fantastique. En témoigne l'épisode 2. Clairement, les auteurs ont voulu se faire plaisir : murder party sur le Démeter, tel aurait dû être le titre. Ces ruptures de ton auraient paru sans doute moins flagrantes sur une série plus longue
Au final cette version de Dracua vaut le détour. Sur le plan visuel, c'est beau. La mise en scène se veut claire, fluide, lisible. Comme dans Sherlock. On ne s'ennuie pas, magré un épisode 2 plus faible, et on se demande comment tout cela va prendre fin.
Créée
le 5 janv. 2020
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