Dragon Ball Daima
5.1
Dragon Ball Daima

Anime (mangas) Fuji TV (2024)

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Dragon Ball Daima, le dernier voyage de Toriyama

Dragon Ball Daima est une histoire originale intercalée dans la chronologie, un projet anniversaire totalement inédite pour les 40 ans de Dragon Ball. J’ai regardé entièrement l’animé en VOSTFR sur Crunchyroll.


L'histoire est qu'après avoir sauvé la Terre de la menace destructrice de Majin Boo, Son Goku et ses alliés s’apprêtent enfin à profiter d’un repos bien mérité. Ils ignorent cependant qu’un être malveillant, Gomah, a observé et enregistré leur combat. Profitant de la mort de Dabra, il s’est autoproclamé nouveau roi du Royaume des Démons. À ses côtés se trouve Degesu, le frère cadet du Kaioshin de l’Est. Jaloux de la puissance de son aîné, Degesu s’allie à Gomah pour voler les Dragon Balls de la Terre et éliminer à l’avance toute menace potentielle. Grâce au pouvoir de Shenron, Gomah formule alors un vœu : faire redevenir Goku et ses amis des enfants, afin de les priver de la force colossale qui a vaincu Boo. Une fois les héros rajeunis, Gomah enlève Dendé, le dieu protecteur de la planète. Mais Goku refuse de se laisser freiner par son nouveau corps. Déterminé, il apprend à maîtriser sa forme enfantine pour retrouver toute son efficacité au combat. Accompagné du Kaioshin et de Glorio, un Démon mystérieux au comportement rebelle, Goku se lance à la poursuite de Gomah dans le Royaume des Démons, bien décidé à sauver Dendé et à rendre à ses amis leur taille normal.


Avant d'argumenter, une question se pose : est-ce que Dragon Ball Daima était-il vraiment nécessaire dans la chronologie Dragon Ball ?


Je m'attendais à avoir une suite de Dragon Ball Super, au final je me retrouve avec une histoire originale ! La réponse dépend de chacun. Si on cherche de la puissance une suite ou que c'est inutile alors non. Mais si l’on considère Dragon Ball comme un univers capable de respirer, de proposer des parenthèses, des détours, des interludes qui enrichissent le voyage… alors Daima trouve immédiatement sa place.


De manière générale, je suis agréablement surpris. Surpris parce que Daima aurait très bien pu n’être qu’un un énième recyclage ou d'une histoire sans âme. Et pourtant, cette histoire trouve un équilibre inattendu : elle assume son statut d’interlude, elle revendique une simplicité presque artisanale et elle le fait avec une honnêteté qui, pour moi, change tout. Là où beaucoup s’attendaient à une répétition, j’ai plutôt vu une tentative sincère de revenir à une forme d’aventure plus modeste, plus terrienne, plus “Toriyama” dans l’esprit, ce mélange de légèreté, d’absurde, de danger et de curiosité qui caractérisait les débuts.


Daima réussit quelque chose que je n’attendais plus : réinjecter de la curiosité dans un univers qui, depuis des années, vivait surtout sur la surenchère. L’écriture de Toriyama se ressent dans les micro-situations, les designs, les retournements légers mais efficaces. Il y a une sincérité dans la démarche, une envie de raconter une aventure “à taille humaine”, sans détruire un multivers à chaque épisode. Et ça fait du bien. Et c’est précisément là que se joue la différence : Daima ne cherche pas à rivaliser avec les arcs cosmiques, les dieux, les univers parallèles ou les escalades de puissance infinies. Il préfère la petite trouvaille narrative, le gag qui déstabilise, la rencontre improbable, le décor qui raconte quelque chose. On peut évidemment percevoir certains choix comme des échos à d’autres périodes de la franchise mais ce qui m’intéresse ici, c’est la manière dont ces éléments sont réinvestis : non pas comme des “références obligatoires” mais comme des outils pour redonner du souffle à une aventure qui se veut plus intime.


Quand certains voient du recyclage, j’y vois plutôt une réappropriation de la licence. Quand certains y lisent une répétition, j’y lis une continuité. Et surtout, quand certains ressentent une forme de lassitude de la licence, j’ai plutôt ressenti une volonté de retrouver un ton, une texture, une autre manière de raconter. Ce qui m’a frappé, c’est que Daima n’essaie pas de se justifier. Il ne prétend pas être un tournant majeur, ni un chapitre indispensable, ni une révolution. Il propose une parenthèse. Une respiration. Et parfois, dans une œuvre aussi longue que Dragon Ball, ce sont justement ces respirations qui permettent de redonner du relief à l’ensemble.


Là où certains voient un manque d’enjeu, j’ai plutôt vu un choix assumé : celui de ne pas tout miser sur l’escalade dramatique mais sur l’exploration, le ton, l’ambiance. Celui de laisser les personnages évoluer dans un cadre moins écrasant, moins saturé, où l’on peut à nouveau s’attarder sur un détail, un décor, une interaction. Et ce choix, qu’on l’apprécie ou non, raconte quelque chose de la vision de Toriyama : une vision qui n’a jamais été uniquement fondée sur la puissance mais aussi sur l’humour, l’étrangeté, l’imprévu.


On peut évidemment discuter de certains aspects : la cohérence du lore, la place des transformations, l’importance des nouveaux personnages, la manière dont certains éléments sont introduits ou résolus. Mais ce qui m’a intéressé, c’est la cohérence interne de l’œuvre avec son intention. Daima ne cherche pas à être un manuel de mythologie, ni un traité de continuité. Il cherche à être une aventure. Et dans ce cadre-là, il fonctionne.


Là où certains regrettent que l’histoire n’apporte “rien”, j’ai plutôt vu ce qu’elle apporte à l’expérience : un changement de rythme, une tonalité différente, une manière de rappeler que Dragon Ball n’a jamais été qu’un seul genre. Et surtout, j’ai apprécié que Daima ne se sente pas obligé de se plier à l’attente d’un “événement” permanent. Il raconte ce qu’il veut raconter, à son échelle, avec ses codes, ses couleurs, ses choix esthétiques. Et cette liberté, même si elle peut dérouter, a quelque chose de rafraîchissant.


Et puis il y a cette idée simple : Daima est une histoire originale. Il n’a pas vocation à redéfinir l’univers, ni à bouleverser la chronologie, ni à imposer un nouveau standard. Il propose une aventure parallèle, un détour, un chapitre qui existe pour lui-même et parfois, c’est suffisant. Ce que j’ai trouvé dans Daima, ce n’est pas une révolution, ni un retour aux sources forcé, ni une tentative de plaire à tout le monde. C’est une proposition. Une proposition imparfaite, bien sûr, mais sincère. Une proposition qui assume son ton, son rythme, son esthétique. Une proposition qui rappelle que Dragon Ball peut encore surprendre quand il choisit de ne pas se prendre trop au sérieux. Et cette sincérité-là pour moi, a une valeur que les débats sur la continuité, la puissance ou la nostalgie ne peuvent pas effacer.


Ce qui est fascinant, c’est à quel point certaines œuvres, une fois devenues mythiques, cessent d’appartenir à leurs mangaka, que les gens se sentent aussi impliquer dans les licences connu. Dragon Ball, Pokémon, One Piece, ce ne sont plus seulement des fictions : ce sont des repères émotionnels, des morceaux d’enfance, des totems générationnels. Et quand on touche à ces repères, certains réagissent comme si on leur arrachait une partie d’eux-mêmes, d’où cette obsession à vouloir “corriger” la narration, à réclamer que Vegeta “gagne enfin”, que Gohan “retrouve sa gloire” comme si l’œuvre devait valider une revanche personnelle.


Mais ce qui est troublant, c’est que cette implication devient parfois une forme d’appropriation. Comme si l’œuvre devait évoluer selon les attentes de ceux qui l’ont connue enfants et non selon la vision de ceux qui la créent aujourd’hui ou pire, selon les besoins des enfants d’aujourd’hui. Et c'est là que je mets le doigt sur un paradoxe : on refuse à ces œuvres le droit de rester ce qu’elles ont toujours été, des récits pour enfants sous prétexte qu’on les a aimées enfants. C’est comme si je disais : “J’ai grandi avec Dragon Ball donc Dragon Ball doit grandir avec moi.” mais non Dragon Ball n’a pas signé un contrat d’évolution parallèle avec chacun de ses fans ! Il continue, il mute, il explore, il revient parfois à ses bases et c’est justement ce mouvement qui fait sa longévité. Et ce n’est pas parce qu’on a connu la première génération qu’on détient un brevet d’authenticité.


Et puis il y a cette mentalité très “français”, cette tendance à tout ramener à une logique de trahison, de capitalisme, de “pompe à fric”. Comme si le succès d’une œuvre était forcément suspect, comme si la longévité était une faute, comme si le fait de continuer à produire, à créer, à expérimenter était une preuve de déclin. Mais on oublie que du point de vue japonais, la longévité d’une licence, c’est aussi une forme de respect. Une manière de transmettre, de faire vivre un imaginaire commun, de créer des ponts entre générations. Et ce rejet systématique de tout ce qui n’est pas “l’âge d’or”, que ce soit Daima, GT ou même Super, c’est une manière de figer l’œuvre dans une époque, dans une forme, dans une nostalgie mais une œuvre figée, c’est une œuvre morte.


Alors oui Daima n’est pas parfait mais il a le mérite d’exister, d’oser, de proposer. Il a le mérite de parler à une nouvelle génération sans renier ce qu’il est. Il a le mérite de rappeler que Dragon Ball, ce n’est pas juste des transformations et des power-up mais aussi de l’humour, de l’étrangeté, de l’aventure et surtout, il a le mérite de ne pas céder à l’idée que “tout a déjà été dit”. Ceux qui pleureront la fin de Dragon Ball sont souvent ceux qui n’ont jamais su l’accompagner dans ses détours et ceux qui crient à la trahison sont parfois ceux qui refusent d’admettre que l’œuvre ne leur appartient pas. Elle appartient à tous et surtout, elle appartient à ceux qui la découvrent aujourd’hui. Et ça, c’est peut-être la plus belle preuve que Dragon Ball est encore vivant. À présent, la vraie critique de commence.


Dragon Ball Daima est une série qui assume pleinement son statut d’histoire originale intercalée : une parenthèse dans la chronologie, un détour volontaire vers un ton plus léger, plus aventureux, presque plus artisanal. Et ce qui frappe d’abord, c’est la sincérité du projet. On sent une volonté de renouer avec l’esprit d’exploration de Dragon Ball, celui des débuts, où l’humour, l’étrangeté et la découverte prenaient autant de place que les combats.


Là où Daima montre ses limites, c’est dans son ambition narrative. Le scénario reste simple, presque trop sage : une quête, des rencontres, quelques péripéties, puis un boss final. L’univers du Royaume des Démons pourtant riche en potentiel n’est qu’effleuré. Les enjeux sont faibles, la tension dramatique quasi absente. On sait que tout finira bien, on sait que personne ne risque vraiment sa peau et l’existence même des Dragon Balls rend toute menace relative. Le premier combat réellement sérieux arrive tard et beaucoup d’adversaires manquent de danger ou de présence. Quant au méchant final, impressionnant visuellement, il souffre d’un manque de construction : sa montée en puissance repose davantage sur un artifice scénaristique que sur une progression dramatique.


Visuellement, Daima est une réussite et ont appris de leurs erreurs par rapport à Super. Les décors sont variés, les créatures inventives, les couleurs assumées et plus “fantaisie”. Une manière d’assumer pleinement le côté conte, le côté fable, le côté “monde caché” que Toriyama a toujours aimé explorer. C’est pas une trahison de l’esprit Dragon Ball : c’est une facette simplement moins exploitée ces dernières années. L’animation des combats est fluide, lisible, parfois même spectaculaire. Les transformations, qu’elles soient inédites ou revisitées, apportent une vraie fraîcheur. On retrouve aussi une fidélité globale aux personnages : Goku reste Goku, même si le traitement “adulte dans un corps d’enfant” n’est pas toujours exploité avec la finesse qu’on aurait pu espérer. Les anciens personnages brillent davantage que les nouveaux, qui oscillent entre le sympathique, le sous‑exploité et le déjà-vu.


Le format de vingt épisodes n’aide pas toujours. Daima aurait peut-être gagné en impact dans un format plus court, film, OAV ou mini-série qui aurait concentré l’action, renforcé la tension et évité certaines longueurs. À l’inverse, la série permet de multiplier les décors, les rencontres, les ambiances et de retrouver un esprit “voyage” qui fait partie de l’ADN de Dragon Ball. C’est un choix qui se défend mais qui ne convaincra pas tout le monde. Bref, malgré ses défauts, Daima reste une série agréable, honnête, cohérente avec son intention. Ce n’est ni un arc majeur, ni une révolution, ni un GT bis, ni un Super bis. C’est une aventure parallèle, une respiration, un dernier clin d’œil de Toriyama à son univers. Et si on accepte Daima pour ce qu’il veut être, une parenthèse ludique, colorée, respectueuse, alors l’expérience fonctionne.

Elysion77
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le 28 déc. 2025

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