Pour moi, c'est une très belle surprise.
La série démarre avec une maîtrise rare. Tout est précis, presque millimétré. La mise en scène prend son temps, installe une vraie atmosphère et joue avec la lumière de manière remarquable. Chaque plan semble pensé, travaillé, presque sculpté.
Le casting est tout simplement remarquable. David Harbour est sensationnel, habité, magnétique. À ses côtés, Linda Cardellini, Jason Bateman, Richard Jenkins et Joy Sunday composent une galerie de personnages d’une intensité rare, sans jamais forcer. Mention spéciale à Joy Sunday, absolument exceptionnelle, dont le personnage intrigue et marque durablement.
Rien ici n’est attendu.
Et puis il y a ces silences. Ces moments où les personnages se taisent, mais où tout se joue justement là. Les regards, les non-dits, les tensions à peine visible. La série suggère plus qu’elle ne montre et c’est ce qui la rend plus forte.
La série sort clairement des sentiers battus, brouille les repères et prend un malin plaisir à surprendre à chaque épisode. On avance parfois à tâtons, mais avec une curiosité intacte et surtout grandissante.
Sous ses airs de thriller, DTF St. Louis propose une réflexion plus profonde, presque discrète, sur une humanité en crise.
Quand on a une série pour laquelle les critiques ne se mouillent pas, c’est souvent moins un manque de qualité qu’un manque de repères. DTF St. Louis dérange, échappe aux cases habituelles et face à cela, certains préfèrent rester prudents plutôt que de prendre le risque de se tromper. C’est exactement là que naissent les séries qui comptent.