La série Widow's Bay confirme que l’horreur fonctionne toujours lorsqu’elle accepte de sourire de ses propres fantômes.
Katie Dippold signe une œuvre étonnamment élégante, où la comédie et l’épouvante s’entrelacent avec un vrai sens du rythme et de la mise en scène.
Sur cette île de Nouvelle-Angleterre, les habitants semblent vivre dans une parenthèse hors du temps. Au centre du récit, Matthew Rhys compose un maire profondément rationnel, presque obstinément cartésien, dont les certitudes se fissurent peu à peu au contact d’événements impossibles à expliquer. C’est précisément là que la série trouve sa force, dans cette collision permanente entre le quotidien administratif d’une petite ville américaine et l’irruption progressive de l’irrationnel.
Le ton oscille constamment entre humour et terreur, avec une capacité à changer de registre sans jamais briser l’atmosphère, rappelant les grandes œuvres populaires des années 1980 et 1990.
D’ailleurs, les références abondent, mais elles sont portées avec suffisamment d’intelligence pour ne jamais devenir du simple recyclage nostalgique. L’ombre de Stephen King plane naturellement sur la série. D'ailleurs, les références abondent, mais elles sont portées avec suffisamment d’intelligence pour ne jamais devenir du simple recyclage nostalgique. L’ombre de Stephen King plane naturellement sur la série. La petite communauté rongée par les non-dits, les traumatismes enfouis et la peur collective évoque immédiatement ses romans. On pense aussi à John Carpenter dans la gestion des espaces vides, des silences et de la menace invisible, tandis que certains moments plus lumineux rappellent le goût de Steven Spielberg pour les groupes humains confrontés à l’inexplicable.
Et pourtant Widow's Bay ne tombe jamais dans l’imitation. La série cite, détourne et surtout réinvente avec une légèreté et une simplicité qui font qu’on l’apprécie immédiatement. Elle nous offre quelque chose que beaucoup de productions contemporaines ont perdu : le plaisir simple de raconter une histoire étrange sans démonstration forcée.