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Affligeant
La série promettait pourtant un traitement un peu différent. Le désir est posé dès le départ, de manière assumée, presque ludique. Ji-Hyeok tombe amoureux de Da-rim, pas vraiment pour son physique...
le 28 déc. 2025
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La série promettait pourtant un traitement un peu différent. Le désir est posé dès le départ, de manière assumée, presque ludique. Ji-Hyeok tombe amoureux de Da-rim, pas vraiment pour son physique mais davantage pour ce qu’elle dégage, à savoir, une certaine chaleur humaine. Un point de départ que j’ai trouvé plutôt sympathique, et qui me laissait espérer une romance capable de s’éloigner des sentiers trop balisés.
Puis le scénario coche rapidement la case du cliché : séparation brutale et silence total, dans un pays pourtant hyperconnecté. Je passe sur cette première facilité.
À force de raccourcis narratifs invraisemblables, la série semble par moments considérer que l’on n’y verra rien. Erreur. Je veux bien fermer les yeux sur certaines conventions de genre, mais pas sur des incohérences aussi flagrantes. Une rom-com doit être écrite aussi bien qu’un bon thriller.
Lorsque Ji-Hyeok retrouve ensuite Da-rim sous l’étiquette sociale la plus difficile, femme mariée, mère d’un enfant, j’ai d’abord cru à un recadrage du scénario, capable d’apporter enfin un peu de profondeur. L’adultère, surtout féminin, reste très mal perçu en Corée, et Dynamite Kiss ne balaie pas totalement ce contexte d’un revers de main. Sans moraliser, la série laisse la froideur de Ji-Hyeok agir comme une sanction éthique : une manière de remettre de la distance là où le désir voudrait tout effacer.
À ce moment-là, le récit semble vouloir gagner en maturité : moins d’effets, plus de regards. Ji-Hyeok comprend que Da-rim n’est pas coupable de ce qu’il croyait, mais il ne peut pas pour autant effacer le mensonge et cette retenue aurait pu devenir un véritable axe narratif
Malheureusement, l’accumulation de clichés et surtout un scénario tenant sur un timbre-poste (le post-it serait bien trop grand) empêchent cette intention de tenir sur la durée. J’ai décroché avec l’apparition du triangle amoureux. Je n’aime pas ce procédé et ici, non seulement il ne servait à rien mais il est tout simplement affligeant. Voir Seon-woo, père célibataire, accepter d’aider son amie puis découvrir soudainement des sentiments amoureux manquait totalement de crédibilité et affaiblissait le personnage. D’autant qu’il y avait matière à construire une seconde véritable romance, en explorant le désir confronté au poids social entre Kim Seon-woo et Yoo Ha-young. Mais non ici, elle s’égare inutilement.
Quant à la demi-sœur de Ji-Hyeok, antagoniste purement fonctionnelle, elle illustre parfaitement cette écriture très paresseuse et peu inspirée.
C’est d’autant plus dommage que la série est bien plus juste lorsqu’elle s’en tient aux tensions morales et sociales plutôt qu’aux mécaniques amoureuses classiques. Tout donne l’impression d’un scénario initial revu et mal corrigé, comme si une ambition plus intime avait été sacrifiée, une fois de plus, au profit d’un moule commercial.
En arrière-plan, la série prétend esquisser un portrait des attentes imposées aux femmes, héritières comme employées. Mais cet axe reste très décoratif. Utiliser des thèmes aussi sérieux que le travail des femmes sans diplôme, les mères au foyer ou la reconnaissance affective sans jamais les approfondir revient à en minimiser la portée, voire à passer sous silence les difficultés réelles auxquelles elles sont confrontées.
Jang Ki-yong donne à son personnage une certaine densité. Son regard et sa retenue installent une gravité discrète qui empêche Ji-Hyeok de devenir un héros léger de rom-com. Sa complicité avec Ahn Eun-jin fonctionne bien. Mais c’est Woo Da-vi que j’ai trouvée réellement pétillante et qui sort le plus du lot.
Dynamite Kiss fait beaucoup parler d’elle parce qu’elle arrive en fin d’année 2025, dans un contexte de lassitude évidente des rom-coms coréennes, produites en grand nombre, souvent au détriment de l’écriture et de la cohérence.
Elle est vraiment pétrie de clichés. Ce n’est pas la pire du genre mais elle incarne tout ce qui finit par lasser : une écriture convenue, des raccourcis incohérents, voire stupides et une fausse profondeur sociale. Dynamite Kiss est une série qui, à force de facilité, finit par perdre toute crédibilité.
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le 28 déc. 2025
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