Trop de bonnes notes sur ce drama, c'etait trop suspect pour être vrai. Après un bon premier épisode qui te vend du rêve, genre publicité d'agence de voyages, le retour à la réalité va être brutal. Je tiens à dire que le réalisateur n'y est pour rien : il est tributaire de sa scénariste, qui n'a pas été inspirée. En effet, la magie n'opère pas, parce qu'elle n'a pas su disséquer les rapports humains avec un regard plus corrosif et moins complaisant. L'impression dominante qui se dégage, c'est un sentiment d'aseptisation. 16 épisodes interminables que tu peux regarder totalement en accéléré tellement il ne se passe rien. C'est vendu comme une romance, mais le gros problème, c'est que niveau passion, autant manger le fruit : au moins le goût sera meilleur et tes papilles gustatives seront mises en émoi. En général, je suis moins exigeant et plus cool quand il s'agit de dramas de romance. Encore faut-il qu'un désir naisse, qu'un jeu de séduction vienne me faire vibrer. Quant à la partie dramatique, je cherche encore. Et pourtant, vu le sujet, il y avait de quoi faire quelque chose de bien. Mais encore une fois, on sombre dans la facilité, mais surtout dans la médiocrité. Ce n'est pas une histoire simple qu'on nous vend, mais une histoire chiante. Nuance !
Au détour d'une rencontre fortuite(3 fois !) à La Havane, Kim Jin-Hyeok(Park Bo-Gum), un gentil garçon qui vit de petits bonheurs, va faire la rencontre de Cha Soo-Hyun(Song Hye-Kyo), une directrice d'hôtel divorcée issue d'une famille de la haute bourgeoisie. Après un mariage arrangé pour faciliter l'ascension politique de son père, elle devient PDG d'une chaîne hôtelière en guise de dédommagement de la part de son ex-belle-famille. Immédiatement, elle tombe sous le charme du jeune homme au sourire ultra-brite. Ils passent des moments ensemble, se baladant dans la ville, mais ce moment "magique" est de courte durée. La réalité les rattrape : elle doit rentrer en Corée pour ses affaires, et lui vient d'être accepté dans l'hôtel où il avait postulé... Hôtel qui va s'avérer être celui dirigé par Soo-Hyun. Étonnant, non, comme le destin est bien fait ? (Chut, ne pose pas de questions). Un monde les sépare, mais l'amour (gloire et beauté) est-il possible entre ces deux-là, qui ont en plus un léger écart d'âge ?
Je vais faire simple et aller à l'essentiel : pour moi, Encounter est une romance lisse, sans saveur, qui ne m'a procuré aucun engouement particulier. Pourquoi ? Parce que la construction du couple est trop rapide, téléphonée, sans aucun jeu de séduction. Pire, je n'ai absolument pas ressenti d'alchimie entre les deux acteurs. Pour dire, j'étais davantage intéressé par l'histoire de Mi Jin(Kwak Sun-Young), le bras droit de Soo-Hyun, et Dae-Chan(Kim Ju-Hun), le sympathique restaurateur, ami et confident de Jin-Hyeok. Mais après avoir fait monter la mayonnaise de très belle façon entre ces deux-là, à la fin, on te gratifiera d'un très beau bras d'honneur. Sympa ! Pour en revenir à l'histoire principale, aussi plate qu'une raie manta, on aurait dû compenser par une écriture de personnages beaucoup plus profonde, surtout qu'ils viennent de deux mondes totalement différents. Il aurait dû y avoir deux personnalités qui se confrontent, qui évoluent l'une grâce à l'autre. Bref, une relation qui se construit, des gestes non équivoques et une lutte pour la pérennité de l'amour. Mais non, le couple existe parce que le scénario dit qu'il existe. Je n'ai jamais ressenti la naissance d'un amour. En fait, les deux acteurs jouent côte à côte, mais pas ensemble. On ne voit jamais vraiment Jin-Hyeok conquérir Soo-Hyun.
D'ailleurs, leur premier baiser arrive très tard dans le drama et, contrairement aux PPL de Subway, tu peux les compter sur les doigts de la main. Park Bo-Gum est égal à lui-même, mais à force de trop sourire à tout et n'importe quoi, il passe presque pour un benêt. Jin-Hyeok est trop parfait : beau, positif, il est sans aspérités ni vrais défauts. Il ressemble davantage à un fantasme romantique qu'à un être humain. N'est-ce pas, mesdames ? Bon, je vous charrie un peu, mais moi-même, qui défends ma petite chérie Jung So-Min, si son drama est mauvais, je serai sans pitié... Ou presque. J'ai plus de mal avec Song Hye-Kyo, dont la beauté n'est pas à la hauteur de ses qualités d'actrice. Si j'ai aimé The Glory, c'est surtout grâce à l'histoire et aux prestations de Lim Ji-Yeon, Cha Joo-Young et Kim Hieora, qui l'éclipsent presque. Par contre, dans Descendants of the Sun... Au secours. Son personnage de Soo-Hyun est trop froid, distant, mélancolique : je n'ai jamais vu une femme amoureuse. Avec deux ou trois expressions scéniques au compteur, son jeu est d'une pauvreté affligeante. Elle est trop linéaire, j'ai vraiment du mal à lire ses sentiments face à un Jin-Hyeok solaire et dynamique. Mais le gros problème reste le manque de dynamique dans la construction amoureuse.
On est aussi passé à côté du sujet, et pourtant il y avait de la place pour faire une petite satire sociale et sociétale ; que ce soit le regard des autres sur leur couple totalement atypique : la noona romance(la femme est plus âgée), la différence de statut social, la symbolique des deux familles qui n'ont pas les mêmes valeurs (argent, conduite, amour). On nous vend un slogan : "L'amour dépasse les différences sociales en Corée." Heu... non, pas vraiment. Ou alors expliquez-moi le pourquoi du comment. Le drama ne montre jamais vraiment la pression sociale, le regard des autres, la gêne éventuelle, les conséquences professionnelles, etc. En fait, la différence de classe devient un élément décoratif. Et l'ex-belle-mère, l'ex-mari et la mère de Soo-Hyun n'ont absolument aucun impact réel sur le récit. On reste dans la facilité d'écriture, avec un ton consensuel. Il n'y a aucun obstacle réel qui se dresse devant le couple. Les conflits sont artificiels et servent à combler le vide. Reste une réalisation solide, des acteurs secondaires très attachants et l'effet dépaysement de Cuba qu'on voit au début et à la fin. Voilà, c'est propre. Mais c'est vraiment trop peu pour que ça m'emballe. Encounter est une belle enveloppe visuelle qui oublie que l'amour, avant d'être joli, doit être vivant et procurer de vives émotions.
Le concept était bon, mais la narration passe à côté du sujet, à devenir rapidement ennuyeuse et redondante. Une atmosphère très douce, mais superficielle, avec un couple qui ne m'aurait jamais fait frémir ni enthousiasmé. Au final, Encounter m'a laissé exactement le même souvenir qu'une carte postale de vacances : des couleurs chatoyantes, des sourires impeccables mais de façade, des situations téléphonées et attendues. Le drama a confondu contemplation et émotion. J'aurais voulu voir une histoire d'amour capable de franchir les barrières sociales, j'ai surtout vu deux mannequins évoluer dans de très beaux décors sans jamais réussir à me convaincre qu'ils étaient amoureux. C'est propre, c'est élégant, c'est soigné... Mais c'est aussi désespérément vide. Je ne vais pas vous cacher que j'ai accéléré passé le 10e épisode, parce que mon exaspération a ses limites. La lenteur n'est pas un problème, le problème est un sentiment total d'inutilité. On a sauvé la musique, c'est déjà ça. Voyez ce drama comme un conte de fées banal et plan-plan. Mais je suis magnanime encore une fois et je mets la moyenne. Et puis Park Bo-Gum est un bon gars, et il a progressé depuis.
Main Theme : Lee So Ra- Into My Heart
Additionnel OST : CHEEZE (치즈) - 'The Day We Met