Amy, interprétée par Laura Dern, (également co-scénariste) est l'héroïne de cette série qui entame depuis janvier sa deuxième saison sur HBO. Virée de son boulot suite à un pétage de plombs consécutif à une mauvaise coucherie, puis regonflée à bloc grâce à deux mois de thérapie New Age à Hawaï, elle réintègre de force Abaddon, la grande entreprise pas du tout écolo friendly où elle travaillait depuis 15 ans. Elle y incarne désormais le prototype de la collègue boulet que tout le monde évite à la machine à café ou à la cantine, et à bien des égards, elle le mérite. Très auto-centrée, terriblement maladroite, elle se pense investie d'une mission : celle de révéler à ses collègues apathiques, mais aussi au monde entier, la véritable nature d’Abaddon, une multinationale toxique aux méthodes plus que douteuses. Et comme chacun sait, l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Pourtant, au-delà de la caricature de l’illuminée neuneu, de l’américaine pétrie de bons sentiments en pleine midlife crisis, le personnage d’Amy se révèle beaucoup plus complexe et touchant qu’il n’y paraît. La vie d’Amy, c’est l’anti-rêve américain ; divorcée, sans enfants, criblée de dettes, elle n’a pas d’autre choix que de retourner vivre chez sa mère, une femme solitaire et (apparemment) peu aimante. Pas mieux pour son ex-mari, un ancien athlète devenu accroc à diverses drogues qui passe le plus clair de ses journées à glander sur le canapé de l’appartement conjugal qu’Amy a déserté.
Malgré tout, le ciel bleu de la Californie illumine la série, l’énergie et l’optimisme façon méthode Coué d’Amy aussi. Sa maladresse et ses tenues colorées sont réjouissantes, ses nombreuses déconvenues, bizarrement, le sont aussi. Laura Dern est parfaitement agaçante en grande gigue gauche à longue crinière.
Alors même si le scénario manque sans doute un peu d’épaisseur, on a quand même envie de suivre cette Don Quichotte hippie dans sa lutte tragi-comique contre les moulins à vent du grand capital, de l’accompagner épisodes après épisodes dans son combat pour ne plus être une mort-vivante.
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