Bethesda a sorti ses pinceaux, repeint les ruines dans le brun-orange réglementaire, et quelqu'un a traduit ça en images animées. Le résultat ressemble exactement à Fallout 4, ce qui n'est pas un compliment, mais plutôt un constat pathologique. Mêmes textures, même lumière, même distance soigneusement maintenue entre le spectateur et quoi que ce soit qui pourrait lui faire de l'effet. Les personnages occupent leurs cases : l'innocent, le dur, la créature. Archétypes si nets qu'on voit la couture. Le rythme est celui d'une attraction bien entretenue : un choc, une blague, un cadavre coloré, recommencer. On avance sans jamais s'arrêter sur rien. Et les vétérans applaudissent. Ceux qui invoquent les originaux comme titres de noblesse pour valider ce qu'ils regardent. Fidèle à l'esprit, disent-ils. L'esprit de quoi ? De Fallout 1 et 2, Black Isle, où chaque choix laissait un résidu amer, où la satire ne te signalait pas elle-même qu'elle était de la satire ? Ces gens ont oublié ce que c'était, ou ils le savent et séparent les deux objets sans le dire, ce qui est une forme d'escroquerie intellectuelle polie. Le grotesque ici est purement ornemental. La violence habille, elle n'entame rien. L'ironie est balisée, pré-digérée, livrée avec le sourire de quelqu'un qui a testé le produit en focus group. Tout dans la forme, rien dans le fond. Le Wasteland d'avant te forçait à te salir les mains. Celui-ci te fournit des gants.