Ce western vaguement empoussiéré se prend pour une fresque âpre et intense, mais aligne surtout les tics d'un soap-opéra, avec sa galerie de personnages qui semblent tous sortir du même moule. On sent l'effort pour féminiser l'univers, mais à force d'en faire trop, tout sonne faux, plaqué, presque mécanique.
L'écriture, elle, coche les cases : ficelles usées, confrontations prévisibles, drames formatés… rien ne surprend, rien ne déstabilise. Les dialogues, plats comme une prairie sans fin, semblent conçus pour qu'on ne rate rien même en consultant ses mails, en cuisinant, ou en se demandant pourquoi on s'inflige ça. L'ennui participe d'ailleurs pleinement de l'expérience : c'est probablement une des séries les plus simples à regarder d'un œil distrait tant elle ne propose aucune aspérité.
Tout respire l'artifice : la mise en scène fait semblant d'avoir de l'âme, les émotions semblent importées d'un kit préréglé Netflix, et l'ensemble avance sans jamais trouver son souffle, ni son identité. Une production supplémentaire sortie du pipeline, standardisée, interchangeable, l'exacte définition de l'énième série de plateforme dans le mauvais sens du terme.
Au final, difficile de trouver la moindre originalité dans ce grand désert narratif. On en ressort avec l'impression d'avoir vu un pastiche de western sans la poussière, sans la sueur, sans le cœur, juste une ombre animée, un mirage qui s'évapore avant même d'exister.