"Fallout" est le genre de série qui te fait comprendre que survivre deux cents ans après l'apocalypse, c'est surtout apprendre à sourire devant une armure T60 qui menace de te tirer dessus en te souhaitant une excellente journée. Deux siècles après la catastrophe nucléaire, les habitants de luxueux abris antiatomiques remontent enfin à la surface pour découvrir un monde irradié où les goules discutent philosophie entre deux fusillades, où les factions rivalisent de folie douce et où le bon goût est manifestement parti en vacances avant les bombes.
J'ai trouvé "Fallout" très sympa. Dès les premiers épisodes, j'ai été bluffé par les décors postapocalyptiques, impressionnants de richesse, et par cette esthétique rétrofuturiste qui respecte parfaitement l'esprit du jeu vidéo. Les costumes, les maquillages et les créatures sont excellents, donnant l'impression que tout cet univers est sorti directement d'un vieux réfrigérateur atomique rempli de poussière radioactive et de créatures mutantes. J'ai aussi beaucoup aimé l'humour noir, omniprésent sans devenir envahissant, ainsi que les différentes factions qui apportent chacune leur grain de folie à cet immense terrain de jeu complètement dérangé.
Et puis il y a Walton Goggins, absolument excellent, qui vole presque chaque scène avec un charisme capable de faire applaudir une goule édentée en monocycle. La mise en scène est solide, les effets spéciaux convaincants et l'ensemble reste très divertissant, avec suffisamment d'idées pour donner envie de continuer l'exploration.
En revanche, avoir enchaîné les deux saisons d'affilée m'a fait sentir quelques radiations du côté du rythme. À force, les épisodes donnent parfois l'impression de rejouer la même partition, comme si un cafard mutant appuyait sans arrêt sur le bouton « encore une quête secondaire ».
Les flashbacks sur l'époque d'avant-guerre finissent eux aussi par devenir répétitifs. Je comprends parfaitement leur utilité pour construire les personnages et l'univers, mais ils reviennent si souvent que j'avais parfois l'impression qu'une machine à remonter le temps avait coincé son levier entre deux publicités pour du soda nucléaire.
Un peu plus de concision aurait rendu l'ensemble encore plus efficace. Au final, "Fallout" est une adaptation réussie, fidèle à l'esprit du jeu, visuellement remarquable et portée par un casting solide, même si son rythme finit par s'étirer un peu trop sur la durée. Je la conseillerais à tous ceux qui aiment les univers postapocalyptiques déjantés où les bombes nucléaires ont détruit le monde... (avec la participation évidente du gouvernement américain !) mais laissé intact le sens de l'humour d'une goule radioactive en costume de cow-boy.
Voyons voir ce que va nous sortir la saison 3 mais, je risque de baisser ma note et de revoir ma critique... parce que se taper les deux saisons en binge-watching a certainement été une erreur de ma part.