J’ai commencé cette série pour Hwang In Youp. Il possède cette douceur discrète et mélancolique qui rend immédiatement ses personnages attachants. Dans Family By Choice, son rôle, très sobre et digne, ne lui offre pas forcément les scènes les plus démonstratives, mais il rappelle malgré tout pourquoi j’aime autant le retrouver dans ses dramas : il suffit parfois d’un regard ou d’un silence pour qu’il fasse exister son personnage.
Le premier épisode, centré sur l’enfance, est remarquable. Il pose immédiatement les bases d’une histoire chaleureuse et profondément tendre. La période adolescente (épisodes 2 à 9), un peu longue à mon goût, reste néanmoins essentielle pour installer les relations. Deux pères atypiques, l’un veuf et résilient, l’autre dépassé puis abandonné par sa femme, qui apprennent peu à peu à se soutenir, et trois enfants que la vie réunit jusqu’à former une famille improvisée.
On retrouve ici l’un des thèmes centraux du drama original chinois Go Ahead : la filiation, choisie ou subie, et son poids dans la construction identitaire des jeunes adultes. En Corée comme en Chine, l’héritage familial, avec ses attentes, ses blessures et ses absences, pèse lourd dans le passage à l’âge adulte. La série montre avec justesse comment l’amour, la loyauté et les non-dits s’entremêlent jusqu’à façonner ceux qui grandissent avec eux.
Puis vient le fameux saut de dix ans à l’épisode 10… et là, c’est le choc.
Dans Go Ahead, cette séparation reposait sur une nécessité dramatique forte : Ling Xiao quittait son père pour s’occuper de sa mère gravement accidentée et de sa petite sœur, tout en poursuivant ses études à Singapour. Son départ était dicté par le devoir autant que par les circonstances.
Dans Family By Choice, San-ha traverse lui aussi un drame familial, mais sa mère, souvent enfermée dans la culpabilisation et la manipulation, impose ce départ de manière beaucoup plus arbitraire. On ressent moins une obligation incontournable qu’une contrainte injuste, ce qui rend cette longue séparation plus frustrante que réellement poignante.
Surtout, le drama coréen peine à rendre cet éloignement pleinement crédible. Là où Go Ahead montrait comment les études, le poids des responsabilités familiales et le soin apporté à une mère alitée pouvaient progressivement étouffer les liens, Family By Choice n’arrive jamais totalement à traduire cette même intensité émotionnelle. Le scénariste semble reproduire la structure du récit original sans réussir à lui donner une justification aussi forte.
Côté interprétation, Bae Hyeon Seong m’a bouleversée. Déjà marquant dans Our Blues, il livre ici une prestation tout en nuances, portée par un personnage finalement mieux écrit que celui de Hwang In Youp. Ce dernier, plus mature et introverti, reste néanmoins parfaitement crédible et confirme cette capacité qu’il a à exprimer beaucoup dans la retenue. En revanche, côté féminin, Jung Chae-yeon m’a laissée plus distante : son jeu manque parfois de nuances. À l’inverse, Seo Ji-hye, dans le rôle de la meilleure amie discrète, dégage une subtilité qui donne envie de suivre davantage son parcours.
Malgré ces réserves, Family By Choice reste un drama profondément attachant. La réalisation est soignée, le rythme efficace, l’OST agréable, mais surtout la série est portée par un message universel : la famille ne se limite pas aux liens du sang, elle se construit aussi à travers ceux que l’on choisit de préserver.
Au final, Family By Choice n’atteint pas tout à fait la justesse émotionnelle de Go Ahead, mais conserve cette capacité rare à toucher par la sincérité de ses liens et son regard sur la famille choisie. Et si j’ai autant relevé ses failles, c’est peut-être aussi parce que cette histoire m’a suffisamment émue pour que j’en attende davantage.