Normalement j'aurais dû noter 6, mais Spring Fever n'essaye pas de nous tromper sur la marchandise. Et surtout c'est la magie Ahn Bo-Hyun qui va encore opérer. C'est frais, c'est léger sans prise de tête, avec un scénario pas très élaboré, mais qui tient la route à défaut d'être transcendant. On ne va pas se mentir, tout repose sur le talent et la performance de Ahn Bo Hyun et son personnage excentrique qui porte à lui seul le drama. Le voir évoluer dans le rôle d'un "macho" au grand cœur et bienveillant lui va comme un gant. Le fait aussi de délocaliser la série dans un village côtier loin de Seoul est aussi une bonne idée. Enfin le mélange entre comédie romantique et comédie dramatique fonctionne plutôt bien. Bref, je n'en attendais rien de spécial et au final c'est une bonne surprise même si tout n'est pas parfait. Pourquoi? Parce que ce n'est pas la peine de se compliquer la vie pour raconter une histoire simple et faire ressentir des émotions. Alors oui ça ratisse large, c'est souvent prévisible, mais au moins il y a une certaines originalité et on se laisse bercer par le flow.
Il y a un an, Yoon Bom(Lee Joo-Bin) une professeure appréciée dans un Lycée à Séoul, a dû fuir la ville et s'est faire muter dans un village à des centaines de kilomètres pour éviter un scandale. (pas de spoil à ce sujet). Elle a depuis coupé les ponts avec ses parents, les rendant responsables de sa situation, car sa mère, une actrice connue ne la pas soutenue, bien au contraire. Depuis lors elle porte son fardeau et sa vie n'est plus que mélancolie et tristesse. Jusqu'au jour où Sun Jae-Gyu(Ahn Bo-Hyun), l'oncle du meilleur élève du Lycée, et qui fait office de père de substitution, entre dans sa vie. Il a l'air d'une brute, d'un macho, d'un imbécile parfois. Mais c'est tout le contraire, et la plupart des gens qui le côtoient et qui le connaissent vraiment, l'apprécient. Sa particularité? On dirait qu'il dispose de compétences physiques surhumaines. Si lui tombe rapidement sous le charme de Bom, celle-ci non plus ne va pas tarder à ouvrir son cœur à ce faux bourru au charme ravageur qui est une véritable mère poule pour son neveu.
L'histoire démarre assez fort avec la présentation de Jae-Gyu, un personnage atypique et hors norme: en effet ce trentenaire dispose d'une endurance, d'une force et d'une résistance qui pourraient presque l'amener à postuler chez les Averngers. Cela a de quoi nous intriguer, surtout que beaucoup de gens semblent avoir peur de lui, notamment les profs du Lycée. Ce qui est marrant c'est qu'il sembler détonner avec Bom, petite et menue, genre petite fleur fragile. On se croirait dans un webtoon avec les onomatopées qui fusent. Le début est léger, presque potache, mais jamais lourd. Le drama s'installe doucement, nous laissant faire connaissance avec les personnages principaux, notamment Han-Gyul(Jo Joon-Young aperçu dans plusieurs dramas pour ados), le neveu de Jae-Gyu, et Se-Jin(Lee Jae-In une actrice prometteuse) qui se tirent la bourre à l'école, et plus si affinité( vous m'avez compris). A noter la présence de Jin Kyung(elle fera un "private joke" à SKY Castle pour ceux qui ont la référence, j'ai trouvé ça marrant) et d'une pléiade d'acteurs seconds rôles venus apportés leur touche personnelle. Il y a une bonne osmose dans la bande et le couple est mignon croquant (oui j'aime bien citer Cyril Lignac). On va pas se mentir, le couple de gamins on s'en fout un peu.
Alors ne recherchez pas du suspense ou une intrigue extraordinaire dans ce drama, il y a quelques petits rebondissements légers mais c'est tout. On baigne dans une ambiance chaleureuse dans un cadre bucolique. Par contre si l'ensemble est souvent bon enfant et drôle, une partie du récit évoquera avec justesse des thèmes comme la violence psychologique, la rumeur, le harcèlement, l'abandon d'enfant et les préjugés faciles. Ce que j'ai apprécié surtout c'est qu'on a pas le sempiternel 3eme larron qui vient se mêler à l'histoire d'amour. L'ami d'enfance de Jae-Gyu est un bon gars, qui même s'il a un crush pour Bom, n'est pas là pour ça. D'ailleurs un petit mot sur Lee Joo-Bin. Oui ce n'est pas l'actrice de l'année, mais il y a une douceur qui émane d'elle qui la rend attachante, surtout que Ahn Bo-Hyun a toujours le don pour mettre ses partenaires en valeur. J'ai trouvé qu'ils formaient un joli petit couple. Autre bon point, on attend pas le dernier épisode pour un smack débile, notre beau mâle (oui on le verra torse nu tout en muscles) sait comment opérer de bons détartrages avant d'amener sa dulcinée au contrôle technique sur une musique lascive de Paul Blanco.
Cependant on évite pas quelques passages à vice qu'on meuble comme on peut, ni le sponsoring de Subway omniprésent. Si l'avant dernier épisode est bien, mêlant gravité et sincérité, le dernier est vide de sens. Fièvre printanière relate l'histoire d'un jeune couple en devenir, dont la vie a été marquée par diverses épreuves dont leur famille respective est en grande partie responsable. Ils doivent chasser leur démons. De l'adversité ils en sortiront plus fort, encore la même rengaine diront certains, mais on est dans une rom-com pas une tragédie. Ici on est entre gens biens et vertueux où le pardon et l'amour sont les maitres mots. Oui il a plein de clichés, de raccourcis, mais ils sont assumés. On est dans une histoire avec des gens simples qui ont des réactions normales, et même si celle-ci n'a rien exceptionnelle, elle se laisse facilement regarder et se rendre "attachiante". Les protagonistes en font des caisses quand il le faut, et ils jouent de manière sobre quand il le faut aussi, et c'est appréciable ce changement de ton. La musique est vraiment un plus dans le drama et certains morceaux feront écho.
Par contre il y a de nombreuses zones d'ombre qui ne seront jamais expliquées, et l'idée de départ liée au métabolisme du héros sera abandonnée, et c'est vraiment dommage:
D'ailleurs comment a-t-il acquis ses facultés physiques surhumaines? Comment a-t-il pu élever seul l'enfant? Comment a-t-il pu monter cette entreprise et faire fortune vu qu’il n’a pas fait de grandes études et qu’il vient d’un milieu pauvre? On survole ce qui est arrivé à la mère de Han-Gyul durant ces années et elle est trop facilement pardonnée.
En conclusion, même si Spring Fever n'est(ne sera) pas la comédie sentimentale de l'année, elle ne vend pas du rêve et surfe sur une originalité liée au personnage du lead masculin qu'on n'a pas l'habitude de voir. On est dans un récit traditionnel, familial et qui ne porte pas de jugements de valeurs. La romance est assez bien construite, démonstrative, réconfortante, et privilégie la compréhension et les intentions avant de passer aux effusions. (oui on est là pour ça aussi non?). Il y a des séquences certes parfois plan-plan, mais je n'ai jamais trouvé l'histoire mielleuse et niaise. Certains passages sont vraiment très drôles. D'ailleurs le drama utilise des gimmicks propres aux rom-com pour justement se foutre de leur gueule (j'aime bien l'autodérision). Sur l'ensemble le tout n'apparait pas toujours palpitant, mais c'était divertissant et plaisant à suivre. Le ton employé est empathique et doux. Après, j'ai l'honnêteté de reconnaître que j'ai aimé la prestation Ahn Bo Hyun et son festival, et que j'ai eu une tendresse particulière pour Lee Joo-Bin. C'est sûr que ça aide à faire passer la guimauve. D'où ma légère surnote.
Main Theme: Paul Blanco - Love you like a Fool
Additionnel OST: Kang Nam - Running Flower