À l'origine, c'est un épais roman éponyme en 13 tomes de Robert Merle. Robert Merle est un romancier que j'aime beaucoup pour certains de ses romans ("Week-end à Zuydcoote", "l'île", "la mort est mon métier", "Malevil", etc ) mais j'avoue avoir toujours été effrayé par la dimension de "Fortune de France".
Par conséquent, cette série tombe bien en 2024 pour commencer un petit travail d'approche (de ma part). D'autant que la fin semble ouverte, appelant éventuellement une suite.
Les six épisodes de la série de 2024 recouvrent, d'après ce que j'ai lu ici ou là, le premier tome de l'œuvre de Merle.
L'action se passe dans le Périgord Noir aux alentours de 1557 et nous sommes aux portes des guerres de religion qui menacent le royaume entre catholiques et protestants. Ces guerres civiles vont sévir entre 1560 environ et 1598 avec le point d'orgue du massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. Les uns (protestants) et les autres (catholiques) ne sont d'ailleurs pas à une exaction près, me confortant dans mon point de vue qu'il ne faut jamais accorder un pouvoir politique à une religion quelle qu'elle soit. Bref …
L'action se passe dans le Périgord Noir, disais-je, et décrit, en faisant très très court, une tranche de vie de la famille Siorac qui vit dans le château de Mespech entouré d'un monde hostile. En effet le baron de Siorac est protestant et veut défendre sa foi face aux catholiques intransigeants pour ne pas dire fanatiques qui le cernent. Et il n'est pas inintéressant de voir ces guerres de religion à travers un aspect simplement rural qui n'est pas si courant.
Il semble que Robert Merle (ainsi que les scénaristes) se soient inspirés d'évènements historiques même si les personnages sont purement fictifs. Et l'affaire est quand même bien menée sur ces six épisodes de 50 minutes environ par le cinéaste Christopher Thompson, car les rebondissements ne manquent pas entre les guerres, les luttes (fratricides) entre les deux religions. Il y a même un épisode de peste où on découvre une autre facette du baron de Siorac, émule d'Ambroise Paré, dans un autre "chantier" (si on me pardonne l'expression) qui est celui des débuts de la médecine face aux superstitions et, encore une fois, face à la religion.
Et puis, laissons parler le "lecteur amateur" des romans de Signol, de Michelet et autres de l'Ecole de Brive : le film est tourné en décors naturels dans ce fameux Périgord. L'image est juste somptueuse entre ces bois profonds (et noirs !) et ces magnifiques châteaux de Beynac (pour la famille catholique de Fontenac), de Fénelon (pour la famille protestante de Siorac) sans oublier les divers autres sites comme les châteaux de Commarque ou de Biron …
Et comme les acteurs (que je ne connais pas vraiment) s'investissent bien dans leurs rôles respectifs, que ce soit Nicolas Duvauchelle, Guillaume Gouix, Lucie Debay, Gregory Fitoussi ou Blandine Bellavoir, on arrive (beaucoup trop vite) à la fin du sixième épisode en se disant : mince, c'est déjà fini ! …
Pour conclure, je trouve que cette réalisation est fort intéressante, très bien menée et surtout bien prometteuse. Pourvu que des producteurs aient aussi envie de se lancer dans une nouvelle saison et une nouvelle aventure du baron de Siorac !!