Si Foundation était un empire galactique, ce serait un gigantesque édifice aux fondations en marbre CGI, qui s’effondre lentement sous le poids de ses propres monologues.
Le pitch est emprunté à Isaac Asimov — donc très cérébral, très ambitieux, très “je te parle de mathématiques pour te prédire la fin de la civilisation”. Hari Seldon, genre de Nostradamus version machine à calculer, annonce la chute de l’Empire, et hop, c’est parti pour mille ans de prophéties, rébellions, clones impériaux et citations qui veulent sonner profond.
Le gros point fort ? Visuellement, c’est un bijou. Chaque planète semble sponsorisée par un studio de design scandinave, les costumes crient "budget illimité", et même les vaisseaux font des entrées dramatiques comme des stars sur tapis rouge. C’est beau, propre, froid, et plus lisse qu’un sol de musée ciré par des robots.
Mais Foundation, c’est aussi un exercice de style qui s’écoute parler. Ça cause. Beaucoup. Longtemps. En regardant l’horizon. En récitant des métaphores. En chuchotant des trucs cryptiques entre deux CGI. Résultat ? Tu te perds rapidement entre deux sauts temporels, trois lignées génétiques, et une intrigue qui avance aussi vite qu’un escargot dans une tempête de sable.
Ajoute à ça des libertés énormes avec l’œuvre originale, des personnages parfois aussi charismatiques qu’un caillou de l’espace, et une obsession pour les clones à mi-chemin entre le trip narcissique et le délire philosophico-kitsch, et t’as une série qui impressionne… mais n’implique pas.
Au final, Foundation est une superproduction monumentale qui vise les étoiles, mais oublie parfois de nous embarquer avec elle.
Un space opera qui préfère te faire réfléchir sur le destin de l’humanité… plutôt que te divertir pendant l’apocalypse.