"No, I wasn’t a hero… but I served in a company of heroes"
C’est sur cette phrase, reprise d’une interview d’un vétéran de la Easy Company, que s’achève Band Of Brothers. Tom Hanks et Steven Spielberg s’associent pour nous présenter une fresque unique sur la deuxième guerre mondiale à travers cette série de 10 épisodes retraçant le parcours de la 101e division aéroportée des USA.
Ce format, représentant une dizaine d’heures au total, permet de différencier BOB des autres classiques du genre auxquels il pourrait s’apparenter, à l’instar de « Saving Private Ryan ». En effet, nous assistons au fil des épisodes à l’évolution des personnages, de la division en général et surtout au développement d’un lien qui
unira à tout jamais ces hommes.
Nous vivons avec eux cette guerre, de leur camp d’entrainement en Angleterre jusqu’à la réédition de l’Allemagne et la fin de ce qui restera l’un des événements les plus tragiques de l’histoire. C’est d’ailleurs là un des principaux points forts de cette œuvre. Nous ne suivons pas l’avancée de Winters, Nixon, Buck, Speirs, Malarkey, Bull, … avec un certaine distance. Mais au contraire, comme si nous aussi nous faisions partie de cette bande de frères.
Jamais encore une production ne nous avait permis de nous immiscer à ce point dans l’horreur vécue par ces gars, largués à travers une Europe à feu et à sang pour la libérer de l’oppression nazie. Il nous est évidemment impossible de ne fut-ce qu’effleurer le traumatisme qui a dû être le leur à la suite de ce qu’ils ont traversé. Mais à moins d’être dénué de toute empathie, BOB nous permet de mesurer ce qu’a pu être leur quotidien durant cette épreuve : assister à la mort de ses amis, déchiquetés par un obus, dormir dans un trou et attendre inlassablement par – 10 degrés le prochain affrontement, sous une pression psychologique constante, à se demander si on rentrerait un jour chez soi.
Ce sentiment est encore accentué par le réalisme stupéfiant dont fait preuve chaque scène, notamment au niveau de la violence des affrontements qu’a pu engendrer une telle guerre, rendue avec brio à l’écran.
Les interviews des vrais vétérans de la 101e division aéroportée en début ou fin d’épisode apportent également un vrai plus. A plusieurs reprises, l’émotion que suscite encore aujourd’hui l’évocation de ces souvenirs est palpable, bien que tout en pudeur. Ces passages sont réellement poignants et participent à la prise de conscience de ce qui n’aurait jamais dû avoir lieu.
Notons également que BOB évite le piège de la stigmatisation type « l’allemand est mauvais », notamment via une scène du dernier épisode où un officier allemand s’adresse une dernière fois à ses hommes. Son discours relate ce que la Easy Company a vécu et enduré et permet aux Américains de réaliser que leur ennemi a traversé les mêmes épreuves qu’eux, avec ce même esprit de fraternité.
Enfin, mention pour la BO ainsi que le casting datant de 2001 mais reprenant déjà plusieurs acteurs qui, aujourd’hui, sont des têtes bien connues de par leur filmographie.