Anime qui approche du quart de siècle, Full Metal Panic! est porté à l’écran par le studio Gonzo, déjà connu pour Hellsing. On y trouve, sur ce format 4/3 télévisuel d’époque, une belle animation atmosphérique et plutôt sombre, typée Madhouse, où les traits sont résolument adultes. Les celluloïds sont bien colorisés, avec du détail et ravivent un charme désuet. Le charadesign ainsi que certains méchas sont également mémorables ; quelques modèles 3D moches apparaissent de temps à autres. Évidemment, il faut aussi compter sur le fan service avec beaucoup de panty shots, et les habituelles scènes de onsen et en maillot de bain.
Pour le pitch : le sergent Sôsuke Sagara est un ado mercenaire, et se voit transférer dans un lycée pour protéger une jeune femme. Son comportement tendu et hyper-réactif face à une paranoïa de fausses menaces profite à créer le burlesque du début de saison. Ce n’est qu’à l’épisode 5 que la trame s’étend sur les méchas et des pouvoirs psychiques, basculant ainsi dans le complot militaire scientifique. Du fait des forces armées, le scénario devient plus tactique et se montre oldschool sur le champ de bataille. On y découvre alors des compositions de plans plus picturales, rappelant fortement Evangelion. De concert, la bande-son est à l’ancienne avec des progressions de cordes graves et des partitions New Age spirituelle pour marquer l’élévation des psychés.
Si les vingt minutes d’épisode passent relativement vite, le temps accordé à chaque personnage clé est mal équilibré ; on en perd certains de vue pendant plusieurs épisodes. En outre, on n’évite pas les scènes de vie et d’embrouilles comiques dans des épisodes de remplissage (festival, plage, shopping) quand bien même ils rendent les personnages plus attachants. La trame principale n’est pas non plus épargnée : l’antagoniste - certes coriace - revient de façon redondante dans un jeu de querelles qui prend le pas sur le fond plus mystique, métaphysique, de l’histoire. Ce n’est qu’à la toute fin que l’on retrouve cette composante dans un parallèle grossier, et sans grand sens, avec l’anime d’Anno.
Même s’il a beaucoup de mal à cacher ses influences (bien plus que de l’hommage), Full Metal Panic! joue de ses premiers épisodes un peu rom-com pour aguicher vers un scénario plus complexe. S’installe alors une mélancolie amère et un ton plus sérieux qui complètent adéquatement la patte graphique mémorable de l’époque, et rendent l’aventure aussi addictives que les relations improbables entre les personnages.