Nouveau shōnen de Bones, Gachiakuta se fait vite remarquer en cette fin d’année 2025 et semble vouloir combler la place laissée par la conclusion de My Hero Academia. Le manga est tout récent (2022), et on retrouve nul autre qu’Hiroshi Seko à l’écriture de cette adaptation. En dépit d’un démarrage très classique, ce n’est alors pas surprenant d’être confronté à des tournures plus sombres et un rythme narratif maîtrisé.
L’histoire se déroule dans un monde divisé : une cité flottante dans le ciel où les riches vivent dans une ville propre, et les pauvres en bordure dans des bidonvilles. En dessous, sur Terre, les ordures et criminels y sont déchargés, dans un environnement toxique inhospitalier où les survivants se sont organisés pour survivre à cet enfer de déchets peuplé de monstruosités. C’est là que notre protagoniste Rudo est abandonné et, alors qu’il voue de se venger des nantis d’en haut, est amené à découvrir une société totalement différente, rencontrer des partenaires et amis, et exploiter le vrai pouvoir des choses délaissées. Effectivement, les personnages s’affrontent en utilisant différents objets du quotidien transformés en arme lorsqu’ils en libèrent l’énergie. Avec cette ambiance post-apocalyptique, on n’est pas loin d’un mélange entre Mad Max et Shaman King.
Avec 24 épisodes au compteur pour cette première incursion dans l’univers de Gachiakuta, le scénario se dégage du temps pour aborder les émotions et moments de vie au sein de la petite équipe de Nettoyeurs qui vont aider Rudo à retrouver ses bourreaux. C’est très drôle dans les interactions et les dialogues, notamment du fait d’un langage assez familier et d’argot, mais aussi pour ce goût d’expressions faciales totalement exagérées. Le chara-design est accrocheur, et fait penser à plusieurs animes My Hero Academia, Demon Slayer, Tokyo Revengers, Arcane, Eyeshield 1, Fire Force. Il y a une ambiance Hip Hop cool qui se dégage de la série, à la fois dans l’attitude désinvolte des personnages et les graphismes saillants. L’animation propose pas mal d’excentricité et maîtrise les inserts 3D dans l’action (ep 21), ainsi que des séquences au dessin plus primaire, plus expressionniste, faisant souvent écho à Mappa, en un peu plus grossier mais pas moins fun. C’est généreux en combats et la mise en scène offre une belle variété de points de vue et des scènes hallucinées. Taku Iwasaki apporte également une diversité musicale débordante d’énergie, entre riffs Metal musclés et cordes frottées pleines d’émotion.
Le scénario est plutôt classique avec son lot de péripéties et rencontres rocambolesques dans la quête de réponses. Néanmoins,l’anime parvient à se montrer malin et renverser la prévisibilité attendue, dont un virage plus sombre à mi-saison. L’aventure adopte alors une tonalité plus grave, un rythme et une structure différents, mués par des thématiques plus fortes et un appui psychologique qui fait penser à Made in Abyss. On identifie toutefois un mauvais travers sur les 6-7 derniers épisodes dans la répétition incessantes de séquences autour des eyecatchs et cliffhangers. Et avec plus de persos et beaucoup d’affrontements en cours de route, l’intrigue est pas mal accaparée et avance bien lentement sur le but et les mystère de cette intrigue, quand bien même elle semble peu en contenir. Cela n’en reste pas moins une introduction intéressante à cet univers, forte d’une mise en scène excentrique et d’une action probante.