Objectivement, l'intrigue de Glass Heart n'a rien de révolutionnaire : une gentille jeune fille timide, serviable et positive vit un coup dur avant d'être brutalement propulsée dans le monde de ses rêves par le bon vouloir d'un homme bien évidemment aussi génial que torturé, seul et unique à détecter le cygne derrière le petit canard laissé pour compte...
L'intrigue est cousue de fil blanc, alignant bon nombre de clichés et aussi quelques raccourcis scénaristiques un peu faciles, mais elle ne traîne pas en longueur et se déroule sans temps morts.
Si l'on n'a pas le temps de s'ennuyer, on peut par contre regretter que la faible durée du drama n'ait pas permis de mieux travailler la profondeur des personnages.
Très correctement écrits et parfaitement interprétés, ils montrent une belle complexité mais malgré les flashback on apprend trop peu de choses sur eux et notamment ce qui les a menés au point où ils se trouvent quand débute l'histoire.
Par exemple, Toya, le "demi-frère ennemi mais peut-être pas" du héros Naoki, fait typiquement partie de ces personnages immédiatement marquants qu'on a absolument envie de comprendre : d'où lui viennent cette brutalité, cette violence et cette hargne envers son frère ? La série répond à certaines questions et met en images aussi bien ses fragilités que son évolution mais on reste quand même avec une impression de "trop peu" et l'envie inassouvie d'en savoir plus.
Cependant, au-delà de ses faiblesses évidentes, cette série est un bijou, un pur moment d'émotions qui vous embarque dès les premières minutes et ne vous lâche plus.
Grâce à ses personnages principaux d'abord :
Derrière sa façade très lisse et un peu fade, Akane offre un personnage féminin très équilibré qui réussit à allier la douceur à la pugnacité, comme un roseau d'une résistance à toute épreuve.
Face à elle, Naoki est aussi crispant qu'attachant dans son personnage de génie aussi lucidement conscient des blessures qu'il peut causer qu'incapable de lutter contre l'emprise de son art.
Sho et Kazuchi, de leur côté, essayent de composer avec leurs propres espoirs et leurs sentiments malmenés.
Ce quatuor de personnages immédiatement attachants nous saisit par le naturel de ses sentiments et émotions.
Grâce à la musique ensuite :
Personnage aussi important que les êtres humains, la musique est au centre de tout le drama.
Objet de travail quotidien tout autant que perfection inaccessible, elle conditionne chaque instant de la vie des protagonistes et véhicule tout ce qu'ils tentent (ou refusent) d'exprimer.
Sans atteindre le génie, l'univers musical de la série est riche et parfaitement adapté à l'univers singulier du groupe Tenblank, cet assemblage hétéroclite de personnalités hors normes que rien ne prédisposait à se réunir.
L'écran noir en final de la série me laisse le sourire jusqu'aux oreilles mais les larmes aux yeux, un peu orpheline de ces personnages fragiles et déterminés, avec au coeur l'envie de les retrouver...