Attention, ce drama n'est pas un récit pré ou post apocalyptique. On nous vend la collision d'un astéroïde dans la mer du Japon qui va tout détruire dans un rayon de 10 000 km, mais vous n'en verrez jamais les effets directs, ni les conséquences. On est pas dans Armageddon par exemple, on ne dira jamais pourquoi les gouvernements mondiaux n'ont pas essayé d'envoyer des missiles nucléaires pour le faire dévier ou séparer en plusieurs morceaux. Voyez cette série plutôt comme une métaphore ou une analogie de plusieurs choses, ainsi qu'un descriptif et d'un suivi de relations sociales, entre des gens issus du même quartier, et qui acceptent avec fatalité leur destin, à savoir une mort inéluctable. On dénoncera aussi ce qu'il y a de plus vil chez l'être humain. Essayez de ne pas regardez la VF qui est comme d'habitude une vraie catastrophe, notamment le doublage des enfants par des adultes, risible et affligeant.
Durant 12 et insupportables épisodes, souvent trop bavards, nous allons suivre les derniers instants de vie d'une poignée de personnes qui se connaissent ou qui se côtoient depuis longtemps. Comme le stipule l'affiche, quasiment toute l'action va se dérouler autour des 200 jours avant l'impact (que vous ne verrez jamais) sauf le dernier épisode qui commencera 20 jours avant. On dirait qu'ils vivent dans une sorte de microcosme bien particulier. Pendant que les plus riches ou ceux dont les métiers ou compétences sont les plus utiles à la société sont pris en charge dans un vaste plan de migration vers des pays où des régions qui vont résister à l'impact de la météorite, une très grande partie sera laissée sur le carreau et abandonnée à son sort funeste. Si certains sont résignés et attendent la mort en s'abandonnant à leurs plus vils instincts, d'autres choisissent de finir leurs jours dans la dignité et la chaleur humaine. L'histoire tournera autour des péripéties d'une ancienne institutrice, Jin Se-Kyung(Ahn Eun-Jin), qui se bat pour préserver l'intégrité et la vie de ses anciens élèves survivants, et ceux de son entourage.
Dans Goodbye Earth, la première chose qui choque, c'est qu'on a absolument pas l'impression de suivre des gens qui vivent leurs derniers instants. En effet, par essence l'homme a un instinct de survie qui se libère s'il est acculé devant le danger. Ici, sauf quelques exceptions, on a l'impression que la vie se déroule normalement, voire paisiblement comme dans la vie de tous les jours. On est dans une banalité surréaliste, car la panique générale n'existe pas. Aucun bâtiment ou presque n'est en ruine, l'eau, l'électricité, internet et le réseau 5G fonctionnent pas parfaitement. Mais de qui se moque t'on? Alors soit les coréens sont particuliers, soit on nous prend pour des cons. Je pensais qu'on nous montrerait des violences urbaines, des exactions, des comportements bestiaux mais non. On va enfoncer des portes ouvertes en dénonçant les agissements d'une secte, d'un mouvement métaphysique, de pédophiles en roue libre, et bien sûr on en profitera pour taper sur l'église catholique. Même si le récit s'appuie sur un ouvrage écrit par un japonais, on se croirait dans une série américaine.
Le casting est certes de qualité, l'OST est superbe de même que la réalisation, mais il manque l'essentiel, à savoir un scénario qui tienne la route et qui nous émeuve. Alors peut être que l'ouvrage du japonais Kotaro Isaka a été mal retranscrit ou qu'il vise un public bien particulier, mais à titre personnel il ne m'a absolument pas parler, la plupart du temps c'est soporifique et consternant de banalités. Et comme l'a dit Kdrama_addict, il a des trous dans le montage, mais les quelques passages supprimés avec Yoo Ah-in ne se voient pas trop. Oui car la règle en Corée est qu'on ne peut pas diffuser un film ou un série tant que la personne impliquée n'ait pas été condamnée. On donne trop d'importances aux 3 ou 4 enfants qui jouent dedans, alors qu'ils n'ont aucune implication directe. Il y a quelques passages satiriques et empiriques, mais à quoi bon philosopher quand tu sais que dans moins de 200 jours tu vas finir "éparpillé par petits bouts façon puzzle"? Ahn Eun-Jin m' a progressivement énervé au fil des épisodes ainsi que Kim Yoon-Hye. Car oui c'est ce tandem qui porte essentiellement la série, de manière plus ou moins convaincante d'ailleurs. Le tout manque de clarté, cohérence et logique.
Les quelques flashbacks ne sont absolument pas pertinents, parce qu'ils n'expliquent en rien pourquoi personne n'a tenté quelque chose au niveau international pour contrer l'astéroïde. Et après, à moins d'être complètement demeuré, on se doute bien qu'il est matériellement impossible de déplacer plus de 75 millions de coréens de la péninsule vers la Chine ou vers d'autres continents plus "safe". Le pire étant un dernier épisode en dessous de tout, à coté de ses pompes, avec une scène finale surréaliste où nos héros semblent nous dire: "merci de nous avoir suivi, nous allons mourir dans moins de 24h dans la joie et l'allégresse". Je pense que dans l'histoire on aura voulu nous montrer le meilleur et le pire de l'être humain quand il est au bord du gouffre, mais c'était tellement mal amené que çà perd toute crédibilité et sincérité. Beaucoup pensent que le drama s'est fait défoncer à cause des agissements de Yoo Ah-In hors caméra, je ne le pense pas. Les coréens à la rigueur, mais le reste du monde ne sait même pas qui est cet acteur, et qui regarde toute la bio du casting? Personne sauf les passionnés.
Alors si le but principal de Goodbye Earth était de nous faire réfléchir, je pense que c'est un beau loupé. Les thèmes proposés sont souvent éculés parce que l'angle d'attaque choisi n'est pas du meilleur effet. La plupart du temps je n'ai rien ressenti là où j'étais sensé ressentir de la compassion ou de la haine. En fait, j'avais plus souvent l'impression de regarder un docu fiction plutôt qu'une série. Je ne me suis jamais identifié aux personnages parce que le tout manque de profondeur. Où sont les sentiments de chaos, de désespoir? Il sont invisibles. On est dans la béatitude niaise. C'est souvent des successions de clichés, ou bien des successions de séquences qui ne montrent absolument pas que la fin est proche. Par moment j'ai aussi pensé au Titanic où les gens continuaient à faire la fête, oubliant totalement que le navire était entrain de sombrer. En plus on met l'accent sur le fait qu'il n'y a aucun échappatoire pour les bons, seuls les plus pourris et les plus riches ont les moyens de s'en sortir.
Main Theme : Hwang Sang Jun - Revolution
Additionnel OST: 3rd time - Pray