"Griselda" est le genre de série qui vous rappelle gentiment qu'il vaut mieux éviter de contrarier une femme qui possède un cartel, trois revolvers et probablement moins de patience qu'un lave-vaisselle en fin de vie. Inspirée de la véritable histoire de Griselda Blanco, la série retrace l'ascension spectaculaire de cette femme ambitieuse qui va construire l'un des trafics de drogue les plus lucratifs de l'histoire tout en essayant de jongler entre ses affaires criminelles et son rôle de mère. Et autant dire que l'équilibre entre réunion familiale et règlement de comptes n'est pas exactement celui que l'on retrouve dans une publicité pour des céréales bio. J'ai beaucoup aimé l'ambiance du Miami des années 70, particulièrement bien reconstitué avec ses décors, ses costumes, ses couleurs et cette atmosphère moite où même les murs semblent transpirer du trafic de cocaïne. La série réussit à donner une véritable identité visuelle à son univers et bénéficie d'une mise en scène solide, ce qui n'est pas vraiment surprenant lorsque l'on sait qu'elle est portée par les créateurs de « Narcos ». J'ai également apprécié le rythme, qui évite de transformer cette ascension criminelle en interminable réunion de copropriété colombienne. L'histoire avance efficacement et permet de suivre l'évolution de Griselda, de ses premières combines jusqu'à son accession au sommet du milieu criminel. Ce qui m'a particulièrement intéressé, c'est justement cet aspect biographique : la série ne se contente pas d'empiler les fusillades et les montagnes de poudre blanche, elle cherche à montrer la femme derrière le personnage public, ses ambitions, ses peurs, son instinct de survie et cette capacité assez terrifiante à passer de mère protectrice à véritable machine de guerre dès que ses intérêts sont menacés. Sofía Vergara est excellente dans le rôle et réussit à faire oublier rapidement son image habituelle pour composer une Griselda à la fois charismatique, imprévisible et inquiétante. J'ai aimé cette dualité entre la femme qui veut protéger sa famille et celle qui n'hésite pas à employer des méthodes particulièrement radicales pour conserver son empire. La série est également très belle visuellement, avec une photographie travaillée et une reconstitution qui donne réellement envie de visiter le Miami des années 70... à condition évidemment d'éviter les ruelles sombres, les coffres de voiture et les gens qui vous proposent mystérieusement de devenir riche en trois jours. J'ai trouvé l'ensemble efficace, captivant et suffisamment rythmé pour ne jamais me donner l'impression de regarder une biographie transformée en cours magistral. Même si certaines situations peuvent parfois sembler romancées ou accélérées pour les besoins du récit, j'ai apprécié cette manière de transformer une histoire criminelle réelle en véritable fresque télévisuelle. Au final, j'ai vraiment aimé "Griselda", notamment pour son ambiance, sa réalisation, son interprétation et son approche biographique. Je la conseillerais sans hésiter aux amateurs de séries criminelles inspirées de faits réels, particulièrement à ceux qui ont aimé « Narcos », car ici encore, le rêve américain finit légèrement parfumé à la poudre et au plomb. Une belle série, efficace et visuellement soignée, qui prouve surtout qu'il ne faut jamais sous-estimer une mère de famille quand elle décide de transformer son salon en quartier général d'un empire criminel.