Difficile de parler de cette série sans parler de son studio, Gainax. D'autres le feront sans doute mieux que moi, mais disons que Gaïnax a toujours été un studio un peu brouillon et passionné, spécialisé dans les mécas et des histoires assez stéréotypées et adolescentes, mais qui passaient. Je garde encore aujourd'hui Nadia, le secret de l'eau bleue dans mon kokoro. Et bon, il y a eu Evangelion.
On est ici vers la fin de vie du studio, et c'est un peu un baroud d'honneur, avec une vision personnelle d'Hiroyuki Himaishi, qui veut transmettre dans cet animé la volonté de l'humanité de se dépasser en réalisant l'impossible. Un animé nietzschéen à sa manière, mais enrobé dans une sauce shonen-robot très habituelle.
L'univers est coloré, le scénario est on ne peut plus shônen : on suit le héros, jeune garçon marginal qui creuse dans un village souterrain sans avoir conscience du monde de la surface, jusqu'à son combat final qui aura, bien sûr, comme enjeu l'avenir de la galaxie (ou même de l'univers).
Tout au long de la série le principe est le changement d'échelle, dans le territoire à défendre comme dans la taille du robot. Assez significativement, l'engin final sera un robot commandé par un robot commandé par un robot commandé par un robot. Bref, une variante des poupées russes. C'est trèèèèès prévisible et un peu répétitif (notamment dans la résolution des combats), mais il y a indéniablement de l'amour dans l'animation faite à la diable, dans la générosité des designs des mécas, qui ne rivalise qu'avec celle des formes de l"héroïne Yoko (une mercenaire qui se bat en sous-tif, un canon d'assaut sur l'épaule).
C'est très adolescent, j'ai un peu honte car c'est un plaisir régressif et pas bien profond, mais je suis heureux que l'équipe, qui a indéniablement mis de sa passion dans la production, ait réussi à se faire plaisir. Et les personnages sont mémorables.
A noter, au niveau du rythme, un compartimentage en deux parties : la première partie de la série consiste à libérer la planète d'un potentat ignoble, Lord Genome. La seconde partie, après une éllipse de cinq ans, voit Simon, le héros, devenu accablé par ses responsabilités et dépassé lorsqu'une nouvelle menace quasi invincible et existentielle apparaît. La fin traîne tout de même en longueur, avec un combat final étiré en segments dont la résolution ne nous est expliquée que par un charabia pseudo-scientifique qui a tout du "ta gueule c'est magique". Ce n'est clairement pas pour la qualité des combats que l'on vient. Et puis le message de la série est le classique "il faut être prêt à tout donner pour protéger les siens" qui, quand on y réfléchit, est une grave régression par rapport à une série comme Albator. Il reste que les fils narratifs des micro-histoires sont bien tressées et rendent l'univers assez touchant (bon, sauf le héros assez insipide).
Rajoutez un point si vous aimez les grosses explosions. Il y en a. Beaucoup.
Je ne sais pas quoi dire d'autre à part que Gurren Lagann est une série qui a le mérite d'exister, et qui a permis à un studio sympathique de survivre quelques années de plus.