J'ai un amour profond pour cette création. Comme je l'évoquais, c'était une série qui n'avait pourtant aucune chance de me plaire sur le papier. L'esthétique très marquée "The CW" m'a d'abord fait craindre le pire. Et puis, je me suis laissée prendre au jeu, engloutissant les épisodes à un rythme effréné.
J'admire profondément l'équilibre narratif maintenu par les auteurs. Réussir à désamorcer les conflits avec autant de tendresse relève du génie scénaristique. Les fameux triangles amoureux, qui deviennent généralement insupportables au bout de deux saisons dans d'autres fictions, sont ici traités avec une fraîcheur rare. On comprend les dilemmes, on rit des situations embarrassantes de Zoe, et on finit par sincèrement aimer chacun de ses prétendants.
Ce show m'a réconciliée avec l'idée même de la comédie sentimentale télévisuelle. Il s'assume totalement. C'est brillant parce que c'est modeste dans son ambition, mais gigantesque dans son exécution émotionnelle. En réussissant à garder sa constance et sa bonne humeur, cette œuvre est définitivement devenue le guilty pleasure de l'année (et de toutes celles qui ont suivi) pour beaucoup d'entre nous. Rachel Bilson irradie de sympathie, et la chimie globale de la troupe d'acteurs transperce l'écran. C'est drôle, piquant, et ça fait un bien fou à l'âme.
Bluebell est un fantasme, une version édulcorée et magique du Sud, peuplée de gens fondamentalement bons qui passent leur temps à organiser des fêtes farfelues. C'est une ordonnance médicale pour la joie de vivre, délivrée par le docteur Hart elle-même, en tenue haute couture.