Cela fait cinq ans que Cha Yu Ri est un fantôme après avoir perdu la vie dans un tragique accident, laissant derrière elle son mari, Jo Kang Hwa, et leur fille, Seo Woo. Une opportunité inespérée lui est offerte : elle peut redevenir humaine pendant 49 jours. Si elle parvient à retrouver sa place auprès de sa famille, elle pourra rester définitivement. Mais la situation est loin d’être simple, car son mari s’est remarié avec Oh Min Jeong.
J’ai été attirée par ce drama en partie grâce à la présence de Lee Kyu Hyung, que j’avais découvert dans Stranger, mais aussi par son thème profond sur le deuil. La mort est une épreuve déchirante pour celui qui reste : chaque scène laissée en suspens, vous confronte à vos regrets et à ces adieux. Les manqués ou inachevés, ceux que l’on n’a pas pu dire surtout. Mais qu’en est-il de l’autre, de celui qui est parti ? De ses souffrances ? Cette thématique explorée dans le bouleversant film japonais The Parades, trouve ici une nouvelle dimension.
Ici, on verse des larmes, mais on esquisse aussi des sourires. La scénariste Hye-Ju Kwon (Go Back Couple) maîtrise parfaitement l’art d’alterner émotion et légèreté tout en abordant des thématiques profondes.
L’histoire est bien construite et privilégie cet amour maternel sous toutes ses formes : celui de Yu Ri pour sa fille, celui de sa propre mère pour elle, mais aussi celui, plus subtil et touchant, de Min Jeong pour Seo Woo. Parlons de ce personnage. À travers elle, on ressent la difficulté de trouver sa place auprès d’un homme enfermé dans sa culpabilité, et son effort constant afin d’être une belle-mère aimante et patiente, malgré son sentiment de solitude. Enfin, n’oublions pas cette amitié qui lie Yu Ri et Hyun Jung, intense et magnifique.
Le casting est parfait. Lee Kyu-hyung est vraiment un acteur profond, discret, souvent présent dans les seconds rôles mais dont l’interprétation ici montre que son talent est plus large. Kim Tae-hee dont c’était ici son grand retour après 5 ans d’absence est épatante, drôle et émouvante, bouleversante. Quant à Go Bo-gyeol, elle a parfaitement réussi à montrer toute la détresse de cette jeune mère dévouée qui cherche à tout prix à rendre cet homme heureux. Tous sont parfaits.
On apprécie certains détails bien pensés, comme le caméo d’Oh My Ghost, clin d’œil réjouissant ou encore les histoires des fantômes secondaires, souvent inspirées de faits réels (notamment le fantôme de Park Hye Jin, incarnée par Bae Yoon Kyung, dont l’histoire est particulièrement marquante).
Cependant, il n’est cependant pas sans défaut. J’ai ainsi regretté que la relation entre Yu Ri et Kang Hwa qui débutait pourtant par un coup de foudre, a manqué par la suite, de profondeur. Après une séparation aussi tragique, on aurait pu s’attendre à une émotion plus intense lors de leurs retrouvailles, mais il ne reste entre eux qu’une tendre complicité un peu fade. Ayant moi-même perdu brutalement le père de mes enfants, à un âge très jeune puisque le dernier ne l’a pas connu, cette représentation m’a semblé bien trop tiède pour être crédible.
Ensuite, le rythme souffre d’un manque de dynamisme. Si la lenteur peut être un atout pour mettre en valeur les différentes phases du deuil, certaines scènes s’étirent inutilement. L’abus de plans fixes, de flash-backs répétitifs et de séquences trop longues freine l’évolution de l’intrigue. Le drama aurait gagné en efficacité avec quelques épisodes en moins.
En conclusion, un drama émouvant et intéressant sur le deuil abordé sur une thématique de cet entre-deux et de ces adieux nécessaires pour enfin lâcher la main que l’on aimerait tant garder.