"His & Hers" ou la typique minisérie Netflix préfabriquée pour -espérer- rencontrer le succès grâce à une conjonction d'éléments qui n'appelle quasiment plus aucune variable : un best-seller adapté + un cadavre comme point de départ + une petite ville + un flot de dramas conjugaux/familiaux et de secrets enfouis si improbable qu'il conduirait n'importe qui à l'asile + suffisamment de têtes louches et de fausses pistes pour assurer le remplissage et faire traîner une enquête sur six épisodes (quitte à devenir invraisemblable en cours de route) + un couple vedette au capital sympathie gagné d'avance (Tessa Thompson et Jon Bernthal)... Et voilà, sous couvert d'un vague prétexte "où chacun a sa version de l'histoire", "His & Hers" ressemble à n'importe quel produit du genre sorti sur Netflix ces dix dernières années, certes carré, efficace et offrant de réels bons moments (un très bel échange intime à coeur ouvert entre les deux héros au cours de l'épisode 4, où le duo Thompson/Bernthal brille vraiment) pour ne pas trop donner l'impression de perdre son temps mais d'une banalité assez affligeante sur la durée, traversé par des wagons de facilités et de situations ubuesques échappés d'un mauvais roman de gare (mention spéciale à la position intenable de l'inspecteur dans cette affaire... qui sera totalement oubliée à la fin) et condamné à faire du cliffhanger jusqu'à l'overdose afin de s'assurer que le spectateur ne décroche pas avant le dernier épisode.
Mais le pire est ici sans doute sa conclusion construite en double phase (et rendant enfin justice à son postulat) qui épouse justement ces canons très contemporains d'une volonté de trop en faire par une avalanche artificielle de twists.
Car, en soi, la réelle résolution de l'affaire criminelle est loin d'être la plus bête que l'on ait vue, se reposant sur une des meilleures pistes dramatiques de la série et qui a le mérite de lui offrir une porte de sortie émotionnelle un peu moins prévisible que le reste... Seulement, elle est précédée d'un "trompe-l'oeil" absolument grotesque (autant sur le fond que dans l'exécution), provoquant un nombre incalculable de mines effarées chez n'importe quel spectateur bien portant au fur et à mesure que sa révélation devient inéluctable.
Le puissance du sentiment de gêne qui en découle est telle que les dernières minutes de "His & Hers", aussi bien pensées soient-elles, y sont quelque part englouties, laissant le goût amer des virages bien trop souvent superficiels du voyage proposé en tête plutôt que la bonne idée de sa destination.
Et c'est malheureusement la seule version qu'il pourra y avoir de notre appréciation. Il n'y aura pas de twist capable de renverser celle-ci, on peut vous l'assurer.