À la base, je n'avais pas prévu de regarder ce mini-drama, mais j'en cherchais un court à avaler dans la journée. Non non, je n'ai pas encore commencé à parler de cul. Hit the Spot ou Fanta G-Spot indique déjà la couleur : on est là pour parler sexe, mais du point de vue féminin, onanisme et plus si affinités. Une fois n'est pas coutume, j'ai lu, avant de faire ma critique, toutes les autres, vu que ce sont des avis 100 % féminins (du moins au moment où j'écris). Comme je n'ai pas vu de pancarte " Interdit aux hommes "et que je n'ai pas d'a priori sur le thème, le genre ou même aucun tabou sexuel qui pourrait me mettre mal à l'aise, j'ai donc décidé de donner mon avis. Car j'ai trois passions dans la vie : le sexe, les K-dramas et le pastaga. Un constat : les femmes partent dans la vie avec deux handicaps, deux souffrances que les hommes ne connaissent pas : les règles et le rapport sexuel sans jouissance ou sans orgasme. Alors je ne vais pas m'improviser en sexologue, mais je vais juste me contenter de parler du drama et de ce que j'en ai retenu.
Hee Jae(Hani) est dans une relation de couple depuis cinq ans, tranquille, mais dans sa vie sexuelle, elle n'est pas épanouie. Mais elle ne parle pas de ce problème avec son conjoint, car elle est décrite au départ comme une femme sentimentale et amoureuse. C'est une femme qui est larguée sur le plan sexuel, mais depuis quelques mois, elle sature. À l'opposé, sa meilleure amie Mi-Na (Woohee) est une femme libre, qui assume pleinement sa sexualité, alternant les plans cul et ses sex toys. Les hommes sont des objets qui sont là pour lui donner du plaisir, et elle refuse de tomber amoureuse. Ces deux trentenaires qui travaillent pour une maison d'édition se voient confier l'animation d'un podcast consacré à la sexualité et aux relations amoureuses alors qu'elles sont loin d'être des expertes. Pour les aider, leur manager général fait appel à un écrivain réputé, spécialisé dans les relations et la sexualité, Kang In Chan(Park Sun Ho). Celui-ci n'est pas indifférent au charme de Hee Jae.
**** Cette critique est un regard masculin parmi d'autres, c'est avant tout un ressenti d'ensemble ****
Le début promet beaucoup plus que ce que le drama livre finalement. Le titre et les premiers épisodes laissent espérer quelque chose de vraiment décomplexé sur la sexualité féminine. Le drama parle effectivement de masturbation féminine, de désir, d'orgasme, de fantasmes et de découverte du corps, avec quelques scènes assez hot. Mais ce n'est finalement pas si sulfureux que ça. Il y a de la nudité et des scènes sexuelles relativement explicites pour une production coréenne hors Netflix, ce qui reste assez rare, mais le propos lui-même reste finalement assez sage. Les quatre acteurs principaux ne font pas semblant côté baisers : niveau soupe de langues , ils ont clairement donné de leur personne, les coquinous. Par contre, il est évident que ce drama n'est pas destiné à ceux qui pensent que la rom-com bisounours est la quintessence du romantisme et de la passion amoureuse. Donc rien que pour le fait d'en parler, je dis merci à la scénariste Lee Do-yeon. Car qui de mieux placé pour parler de sexualité féminine que le regard d'une femme ?
Le scénario de Hit the Spot est quand même très classique, je m'attendais à quelque chose de plus osé et novateur. On est sur Coupang Play, pas sur KBS2. Si je devais résumer l'histoire en une phrase, ça serait la suivante : « Ça commence comme une histoire de cul et ça finit comme une histoire d'amour. » Ainsi, malgré une entrée en matière assez originale, le drama finit par emprunter les rails très classiques du K-drama romantique, et ça, je n'en ai absolument rien à foutre. Le concept est fort, celui de la sexualité féminine. Je ne parle pas au nom des hommes, mais de par sa nature un peu « égoïste », du moment où il a pris son plaisir, le réflexe n'est pas de connaître le ressenti ou les besoins de sa partenaire. Je dis ça avec le recul de l'âge, mais bon, je ne suis pas un expert non plus. Dans cette histoire, j'aurais préféré que le drama assume davantage son concept jusqu'au bout, plutôt que de transformer progressivement cette histoire de sexe en histoire d'amour. C'est vraiment dommage. Par contre, j'ai trouvé Hani et Woohee vraiment convaincantes dans leurs rôles, et pourtant ce n'est pas ma came.
À propos des personnages, et cela pourrait sembler paradoxal, j'ai plus été touché par l'histoire de Mi-Na. La ramener au simple schéma de nymphomane serait réducteur. Si elle est devenue comme ça, c'est qu'à un sombre moment, sa vie de femme a basculé. On apprendra son passé douloureux et j'ai été en totale empathie avec elle. Je peux comprendre son comportement sexuel presque avec bienveillance, tendresse, sans jugement. Son rapport aux hommes et au sexe peut donc être compris comme une forme de protection : elle dissocie sexe et sentiments et évite de se remettre dans une situation où elle pourrait souffrir. J'aurais aimé que Mi-Na reste cette femme sexuellement libérée jusqu'au bout. Par contre, j'ai moins été convaincu par le personnage de Hee-Jae : elle s'est menti à elle-même, mais également à son compagnon. Puis elle découvre son propre corps et sa sexualité grâce à Mi-Na, et retombe presque immédiatement dans les bras d'un autre homme. C'est trop rapide. Mi-Na est finalement la seule des deux qui possède une vraie cohérence psychologique. Et quel bol de tomber sur la perle rare, le très beau gosse Woo-Jae(Roy).
Pour finir, je dirais que Hee-Jae aurait pu apprendre à écouter ses propres désirs et à assumer ce qu'elle veut réellement. Et que Mi-Na aurait pu apprendre à dissocier son traumatisme passé de ses relations présentes, sans pour autant renoncer à sa liberté sexuelle. Le récit préfère dire au final : Elles ont découvert leur sexualité… et elles ont trouvé l'amour. Hit the Spot avait un thème original, rarement évoqué car encore tabou, mais qui rate un peu son objectif en restant dans le consensuel. Ça m'a surtout donné l'impression d'un drama qui avait une idée plus intéressante que son exécution. Néanmoins, j'ai trouvé que c'était une ode, ou du moins un plaidoyer, à la fois au désir féminin et à la féminité, que nous, les hommes, avons tendance à (trop) oublier. Je n'ai pas été convaincu non plus par ce format de huit épisodes courts. Un film d'1 h 30–2 h aurait probablement été plus efficace : garder le début provocateur, développer les personnages juste suffisamment, supprimer les détours sentimentaux et éviter que les trajectoires deviennent aussi prévisibles. Au final, j'ai été moins surpris que prévu. Finalement, c'était une histoire sympa, mais avec un ton trop consensuel.
Main Theme : Rusha - Love me
Additionnel OST :Summer Soul - Find Love