La série démarre très bien puis les défauts se font de plus en plus flagrants au fil du visionnage.
D’abord la série a mal vieilli, les camps de concentration ne sont pas représentés de façon réaliste, on voit d’ailleurs un très gros contraste avec les images d’archives qui sont souvent montrées. Mais ça reste compréhensible vu les limites inhérentes à une série télé de 1978.
Ensuite la série se disperse entre les différents personnages et on se retrouve avec un fil narratif trop haché, avec des ellipses abruptes. On se demande bien pourquoi on introduit des bouts d’intrigues qui ne débouchent même pas à un semblant de conclusion.
Du coté nazi, à la fin de la série la défaite allemande est étrangement zappée et Dorf se retrouve brutalement téléporté sur le banc des accusés (pourquoi n’a-t-il pas fui ?). Heydrich, très bien interprété par David Warner, disparait subitement en cours de route via des lignes de dialogue, pas de scène de l’attentat, ni de son lit de mort. D’ailleurs d’autres dirigeants SS réels, Himmler et d’autres moins connus, sont présents et on ne sait pas ce qu’il est advenu d’eux (jugés, suicidés, en fuite ?). Donc le côté documentaire pêche un peu
Du coté Weiss, ça part un peu dans tous les sens : début des persécutions, ghettos, camp de travail, résistance, génocide… Histoires sporadiques s’étalant sur plusieurs années. On effleure des sujets de façon superficielle alors que chaque thème aurait mérité son propre film.
Il y a également diverses maladresse ici et là :
- La réaction du docteur quand il apprend la mort de sa fille peu convaincante.
- Deux personnages se retrouvent par hasard à la fin du film de façon trop fortuite pour qu’on y croie.
- Le mariage dans les bois chez les résistants qui donne vraiment l’impression d’être en temps de paix (musique, robe de mariée…).
- A la dernière seconde, Himmler pense épargner un juif d’un groupe sur le point d’être fusillé. Il lui semble qu’il a un look aryen et donc Himmler lui demande s’il n’a pas au moins un ancêtre non-juif. Bien sûr, le pauvre bougre ne pense même pas à mentir…
- La mort de Karl qui est inexplicable.
- La transformation psychologique de Dorf est assez bâclée.
Vu le sujet, cette série eut son lot d’hostilités à sa sortie. Elle a eu au moins le mérite de mettre en lumière une part sombre de l’histoire alors trop peu connue au pays des chewing-gums.