Et bonsoir...
En ce moment, je suis plongé dans les différentes saisons de House of Cards. J'avais déjà apprécié les deux premières saisons il y a quelques années ; j'en avais gardé le souvenir d'une atmosphère, d'une esthétique et d'une musique particulièrement riches et travaillées, impressions qui se confirment à la relecture.
En fait, une fois intégré le postulat de base qui veut que les grandes séries modernes sont toutes des variations sur le thème de la cruauté (et trop rares sont les exceptions), il devient possible d'apprécier le degré de maîtrise qui sous tend leur succès. On peut discuter morale ou marketing, critiquer la précision neurologique avec laquelle elles scrutent nos failles, ça reste une sacrée concentration de talents.
Ça me rappelle le pape et Michel Ange en train de papoter à la chapelle Sixtine. Bien sûr, il faut comparer ce qui est comparable. Mais je vois bien l'artiste, petit homme sec, intraitable et bourru face au pontife matois et pété de thunes. Le talent, c'est sûr, va toujours où est l'argent ; et pendant des siècles, c'est l'Église qui a tenu les cordons de la Bourse.
Et aujourd'hui, où va le talent?