House of David aurait pu être la série biblique ultime.
Un déchaînement d’honneur tribal, de combats sous le soleil de Judée, de rois fous, de lions dépecés à mains nues, et de prophètes qui parlent directement à Dieu sans passer par un CM Twitter.
Mais au lieu de ça, on a une épopée biblique filmée comme une pub Calvin Klein, où le personnage principal — David, l’élu de Dieu — a le charisme d’un végan introverti qui s’excuse de respirer.
David. Roi d’Israël. Guerrier de Dieu. Tueur de géants. Musicien béni des cieux.
Mais ici ?
C’est un adolescent à peine pubère, au regard fuyant, qui déclamerait des psaumes comme s’il lisait une carte d’anniversaire.
Michael Iskander, l’acteur, a l’intensité dramatique d’une biscotte mouillée.
Ce mec doit devenir roi.
Mais on dirait qu’il hésite à commander un café sans lait.
On te parle du mec qui tranche la tête de Goliath, et on t’envoie un étudiant Erasmus qui ressemble à un influenceur qui fait des storytime sur TikTok. Yahvé aurait vomi.
Heureusement, le reste du casting assure.
Ali Suliman en roi Saül : majestueux, instable, presque shakespearien.
Stephen Lang en Samuel le prophète : dignité, rage mystique, autorité biblique.
On les sent, ces mecs.
Ils transpirent la foi, la guerre, le destin.
Et c’est justement pour ça que la mollesse du héros devient insupportable.
T’as l’impression que tout l’univers se bat pour l’histoire, pendant que David, lui, est en pleine crise d’identité.
Côté production, rien à dire :
Les décors claquent, les costumes sont propres, les plans sont beaux, la lumière tape bien.
Mais c’est comme un sabre dans un musée : bien forgé, mais jamais utilisé.
La série te promet l’Ancien Testament, mais elle te livre une version filtrée à travers la prudence moderne,
où chaque scène évite d’être trop virile, trop dure, trop divine.
House of David est une belle tentative.
Une grande fresque.
Mais sans roi.