Un journaliste têtu chauffé à blanc, une héritière illégitime sur les traces d'un horrible secret, une demeure menaçante, des meurtres sauvages, l'atmosphère poisseuse du Los Angeles des années 50. Recréation de l'enquête du Dahlia Noir, I Am the Night déroule toute la recette du film noir, mais avec un sens de l'écriture et du visuel rarement égalés.
La plume acérée du créateur Sam Sheridan ne recule devant aucun crime, aucune corruption, aucune horreur pour nous plonger dans un cauchemar éveillé. Rarement une cité aura exhalé un tel souffle de noirceur alors que la série nous plonge au pire de l'esprit humain. Le thriller est impeccablement exécuté avec un danger, des ombres dont la présence/absence permanentes fouettent le sang. Alors même que le récit s'épanouit dans la lenteur, I Am the Night atteint des sommets d'intensité valant les films noirs les plus électriques, jusqu'à sa conclusion au bout du suspense.
Le polar reçoit toute sa dimension par une mise en scène où couleurs, acting, lumière, reconstitution se fondent dans un faste visuel à tomber. Derrière la caméra, Patty Jenkins, réalisatrice de Wonder Woman (et accessoirement épouse du créateur), retrouve Chris Pine et montre sa maîtrise de l'esthétique noir. Victoria Mahoney et Carl Franklin (un des meilleurs réalisateurs de série) relayent efficacement la brillance visuelle de la minisérie. I Am The Night est bien l'une des meilleures séries de ces dernières années. Le polar à son zénith.