Adam Smith, il y a longtemps de ça, théorisait ce concept de main invisible du marché. Celui qui, guidée par l'intérêt personnel (certains diraient l'avidité), devait en théorie conduire au bien commun et à la prospérité générale. Certains y croient encore.


Je me suis interrogé un bon moment sur le titre de cette série. Mais ici, la banque qui spécule dans tous les sens, Pierpoint, fonctionne bel et bien comme une industrie. Elle est impersonnelle, mécanique, productiviste. Elle broye les individus qui s'imaginent pourtant être les grands gagnants de la mondialisation. Financièrement, peut-être. Ces très diplômés, et à défaut ces très intelligents restent aussi jetables que les ouvriers de Germinal. Ils demeureront privilégiés économiquement, mais si l'argent garantit le confort, fait-il le bonheur ?


Ne spolions pas, mais des 5 jeunes diplômés, certains nous quitteront avant la fin de la quatrième saison (et parfois beaucoup plus vite). Ce qui est suggéré, du moins ce que je crois comprendre, c'est que, dans la finance, point de salut. Les âmes sont souillées et détruites, malléables à souhait. Il n'est pas sûr que l'herbe soit plus verte ailleurs, mais certains choisiront malgré tout de franchir la clôture, de quitter la prison dorée. Il est intéressant de constater également que, de ceux qui choisiront de poursuivre dans cette souffrance organisée, sont, d'une part, la personne issue du milieu le plus défavorisé et la personne issue du milieu le plus privilégié. Comme ci, entre les deux, il y avait une porte de sortie.


Je suis parfois resté interloqué face à cette série, ne comprenant pas toujours où elle m'emmenait. Sans doute parce qu'aucun personnage n'est vraiment aimable, à part ceux qui la quittent précocement. Mais même dans ce cas, on met du temps à les trouver aimables. Je comprends le background de ceux qui choisissent de rester, mais leur choix de n'avoir aucune valeur si ce n'est la manipulation des entités, mathématiques, financières, humaines est assez compliquée à gérer. Vous me rétorquerez que Succession, que j'ai adoré, présente le même paradoxe. Mais je comprenais le cheminement, le besoin d'amour. Ici, il n'est presque pas question d'amour.


Le système est tellement industrialisé que ceux qui le font fonctionner, de façon erratique et sans conscience, choisissent de vivre dans l'anarchie : s'allier le temps nécessaire avec les personnes nécessaires (pas aimées) pour obtenir l'objectif nécessaire. La tune.

John-Peltier
7
Écrit par

Créée

le 19 mars 2026

Critique lue 40 fois

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wwmiles

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