bien sûr, le jeu de mot n'a pas vraiment à voir avec la sémantique de son titre d'origine, qui fait surtout référence au commerce, et en particulier au milieu impitoyable du trading, mais qui se démarque en revanche de l'industrie sérielle, gem obscur dans l'univers cathodique, étincelant difficilement au milieu de ce foisonnage de séries plus ou moins formatées et convenues. Industry est une de mes séries coup de coeur. Difficile d'accès car la série, se voulant immersive, utilise un jargon très technique, qui égarera les néophytes (comme moi) mais c'est là la volonté de ses créateurs; pas de perdre ses téléspectateurs mais de leur offrir une plongée hyper réaliste dans cet univers, sans rien lisser. Et ça ne se limite pas qu'à son monde boursier, mais aussi à travers ses personnages, torturés et tourmentés, à la fois bourreaux et victimes, oppressés et oppresseurs, complices d'une industrie sans pitié où chaque concession à un coût, où les émotions se heurtent au profit, où chaque sacrifice est une plus-value à l'égo et à l'ascension de chacun. Les acteurs sont excellents, tout comme le mise en scène soignée et froide, son récit en abîme et sa bande-son qui à l'image de la série, est aussi hypnotique que discrète.
Car pour moi Industry fait partie de ces rares séries qui doit surtout son attrait par sa "présence", cet envoûtement subtil mais percutant, qui privillégie une sobriété raffinée plutôt que des twists à la suite pour maintenir le suspense. Bref, Industry est une série un peu sous-côtée qui se montre aussi subversive que provocante, un hybride d'Euphoria avec Billions, qui est surtout une chronique à la fois financiaire mais surtout humaine, qui à travers ses tractations monétaires reste un champs d'action pour les enjeux émotionnels, où la confiance comme l'amour sont sans cesse mis à l'épreuve. Une sorte de tragédie méta complexe et sombre, où aucun personnage n'est vraiment attachant, mais pourtant terriblement humains dans leurs failles et leurs faiblesses, et dans leur cruauté aussi. Parce qu'au final, comme nous tous, ils veulent survivre. Et on s'y attache, du coup.